5.6.26

Olivia BARANI du 12 au 26 juin 2026

Sa démarche artistique, nourrie par un parcours en art et en conservation-restauration, explore l’instabilité des matières et les processus de transformation qui traversent les œuvres. Elle se déploie comme un espace d’expérimentation où ces savoirs deviennent des outils de déplacement poétique, attentifs à ce qui persiste autant qu’à ce qui disparaît.


Depuis 2018, son travail s’articule autour de la mémoire, de la trace et de la disparition. Elle envisage la mémoire comme un processus actif, dont la rémanence constitue le fil conducteur : non comme un vestige figé, mais comme une dynamique de transformation continue.


Cette recherche s’incarne dans des gestes de retrait, de prélèvement et de reconfiguration – détacher, fragmenter, récupérer, superposer – qui déplacent les formes et les réinscrivent dans de nouveaux agencements.


À travers une pratique mêlant peinture, dessin, photographie et sculpture, elle développe des installations souvent éphémères et instables, où la matière est éprouvée dans ses conditions de maintien, d’altération et d’effacement. Son travail explore ainsi ce qui demeure après la disparition, en faisant de la rémanence une force active, capable de générer de nouvelles formes d’existence.



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22.5.26

Isa GUIOD du 29 mai au 12 juin 2026

« Peintre-toi la langue » ou toucher la chair du langage est le mot d’ordre de ma peinture. Parti d’un lapsus d’une phrase de Matisse « Peintre, coupe-toi la langue », l’inconscient fait œuvre en omettant le verbe couper, la parole se meut en matière picturale.

 

Profondément animée par l’engagement du corps par la parole, j’ai exploré différents territoires avant d’entrer - en deçà et au-delà des mots – en peinture. La voix de Valère Novarina, à travers sa prose poétique et théâtrale est l’élément choc déclencheur « va jusqu’où les mots rebroussent chemins ». C’est l’écho qu’attendait l’image pour surgir.

 

De là,

 

Je suis une scription qui part à l’aventure : c’est quoi un corps qui parle ?

L’aventure d’une langue imaginaire qui se cherche primitive, animale.

L’aventure d’une écriture qui se cherche organique.

Comment saisir les multiples formes de la corporalité du langage, à l’instar de la langue qui s’invente tous les jours.

 

Je suis une peinture qui fraye sous la peau des mots.

Les mots sont mangés, dévorés, mâchés pour en extraire les rythmes, les sons, les souffles, les cris. La matière charnelle (pastel à l’huile, huile), fruit de cette manducation, se dépose sur le papier ou la toile dans une tentative d’élocution, d’énonciation, d’articulation… ?

une corp-oralité ?

La chair du langage semble poindre et les timbres de chaque voix qui la porte ont une couleur ; toutes se côtoient crues, vives, franches puis s’entremêlent, consonnent ou dissonent. C’est un pari de leur résonance à chaque fois, une gamme chromatique qui dit quelque chose de la choralité.

 

corporalité corps-oralité choralité

Pourrait être la déclinaison d’une création qui, à travers notre temporalité et nos multiplicités, questionne le langage en absorbant sa métamorphose, son hétérogénéité, son nomadisme, et remet le vivant et l’organique au cœur de cette interrogation. 

Dans l’impératif de Matisse, une fois coupée, « la langue se peindre ».     




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Le HUBLOT du 29.05.2026



12.5.26

Marisol FALCON du 15 au 29 mai 2026


À travers la peinture, j’ai trouvé un langage pour raconter une réalité souvent ignorée : celle d’un pays considéré comme paradisiaque aux yeux du monde, où certaines personnes subissaient pourtant humiliations, atrocités et emprisonnements simplement parce qu’elles étaient homosexuelles — ou soupçonnées de l’être.

La manière de s’habiller pouvait déjà éveiller la suspicion et mener à la dénonciation, au nom d’une révolution qui considérait cela comme une dérive bourgeoise qu’elle ne pouvait tolérer.

Être noir faisait également partie des stigmates profondément enracinés dans la société construite par Fidel Castro, et ces discriminations demeurent encore aujourd’hui.

Le modèle imposé était celui du mâle viril, du “vrai homme”. Les autres étaient marginalisés, et souvent officiellement internés dans les camps de l’UMAP. Pendant ce temps, une partie de la bourgeoisie pouvait, dans l’ombre, s’autoriser cette soi-disant “aberration”.

Aujourd’hui, dans un pays où je peux enfin m’exprimer librement sans craindre pour ma vie, la peinture est devenue ma manière de témoigner. Une liberté précieuse, pour laquelle j’éprouve une profonde gratitude.





                     Le HUBLOT du 15.05.2026
                     Le HUBLOT du 22.05.2026

25.4.26

Pascaline BOURA du 1er au 15 mai 2026

Les correspondances peintes, dessinées, musicales

 

J'écris à ceux et celles qui sont loin, dans un autre monde que le nôtre.

J'écris aussi à celles et ceux qui sont encore dans notre réalité.

Je mets en forme, en couleurs et en matière ce que j'ai à raconter encore aux miens. Ce sont mes lettres en poste restante, mes cadeaux, mes hommages. La mémoire du souvenir, de la relation.

J'aime en avoir plein les mains, froisser, tirer, aplatir le papier et jeter, incruster les poussières du pastel broyé, couler l'encre entre les plis, ouvrir la paume de main sur la matière et la mettre sens dessus-dessous jusqu'à ce qu'une image fasse sens. Les doigts plongent, et parfois jusqu'au coude la couleur me tatoue. J'ai retroussé les manches... le labeur du corps qui a à dire.

D'autres fois je peins des écritures musicales, dessine des correspondances dans le paysage, au fusain.

Mais toujours je garde lien dans mon courrier imaginaire et toujours je guette le geste et l'acte de peinture.

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                      LE HUBLOT DU 01.05.2026
                     LE HUBLOT DU 08.05.2026