4.10.26

Dominique ALBERTELLI du 09 au 23 octobre 2026

Pourquoi peindre

pour survivre
pour respirer
pour m’en sortir
pour dire le monde, la peur, la joie, les autres
pour dire la force
le souffle
la vie
pour évite la confusion des mots

Pourquoi la peinture ?

ça fait reculer les murs
c’est simple, visible par tous
c’est hors du langage
ça donne du sens au silence

Ça reste pour moi le moyen le plus évident et le plus difficile, il faut une sacrée dose d’inconscience ou de farouche détermination pour peindre aujourd’hui avec ce matériau venu du fond des âges, quand tant d’autres possibilités de s’exprimer sont offertes, plus rebelles en apparence, plus mentales, plus conceptualisable.
Mais le fait de peindre au début du vingt et unième siècle, de s’installer avec son barda devant une toile blanche pour dire comment on voit ce monde est déjà, je trouve, très audacieux. Il ne faut pas avoir peur des redites et il faut une bonne dose d’orgueil pour se dire que tout n’a pas été dit et que l’on peut ajouter quelque chose ; en somme, il faut oser.
Pour moi seule la peinture et la toile peuvent parler de la solitude et de l’amour, de la vie et de la mort, de la poésie et du silence tremblant de l’air.
Dans ma peinture actuelle, j’essaie de parler de ce courant ténu qui passe entre les êtres quels qu’ils soient avec leur différence, leur difficulté à se parler, se comprendre ou s’aimer.
Nous sommes tous d’une certaine manière handicapés au monde, engoncés dans nos corps, maladroits dans nos mots. La peur de la mort et la joie d’être en vie nous lient comme un fil invisible.
L’objet toile peut être ce passage libre de mots qui nous tient les uns aux autres ; devant la peinture chacun est à égalité ; pas d’échelle de valeur des émotions, du ressenti, de la beauté ou de la jouissance. Quelque chose comme une égalité des chances, une société rêvée ou chacun s’approprie l’art comme un objet offert, donné au regard, révélateur, et qui peut tout à la fois apaiser, bousculer, réveiller, transcender ; qui rejoindrait le sacré dont nous manquons tous. Un objet magique en quelque sorte.
Et la société est tellement tournée vers l’individualisme, la religion du corps l’obsession du paraître…Devant l’opacité du monde je ne saurais dire autrement qu’en peinture la fragilité d’un mot, la folie d’un geste, le murmure de l’air, la violence et la douceur.

Dominique ALBERTELLI



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19.9.26

Thomas IVERNEL du 25 septembre au 09 octobre 2026

Thomas Ivernel est un artiste visuel français né en 1970 à Paris. Ses médiums sont principalement la peinture et la gravure. 

Il utilise occasionnellement la vidéo notamment pour un travail qu'il a montré chez Agnès b en 2013 en collaboration avec le Motion designer Thomas Fage. 

Il a exposé son travail à Paris, New York, Bruxelles entre autres. Les galeries Jane Roberts et Popy Arvani ont montré ses œuvres dans des expositions personnelles ces dernières années. 

Il représente des vues urbaines souvent de nuit et la comédie humaine dans des compositions où il peut se mettre lui-même en scène. 

Il collabore d'autre part depuis plusieurs années avec l'écrivain Pierre Michon avec lequel il a réalisé jusqu'à présent deux livres d'artiste en 2022 et 2025. 


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                      Le HUBLOT du 25.09.2026

                      Le HUBLOT du 02.10.2026

2.9.26

Catherine BENAS du 11 au 25 septembre 2026

Tout commence par un désir sans contour précis, peindre, ou plutôt dessiner, je ne le sais pas encore vraiment. 

À l'atelier, je suis ce désir comme on suit une piste incertaine, en faisant des essais, en risquant des formes, en changeant de médium pour explorer. 

Ce temps de recherche est imprévisible, parfois quelques jours, parfois plus long, traversé par des moments de doutes, de déceptions, de joies, ce qui permet aux gestes de s'affiner. 

Progressivement, quelque chose apparaît. Une image se détache, ténue d'abord, puis plus insistante. Une présence s'impose. D'œuvre en œuvre, elle se répète, se module, se cherche encore, c'est ainsi qu'une série prend forme.

Le point de départ de tous mes travaux ne change pas : c'est toujours une liberté sans détermination, une disponibilité à ce qui n'est pas encore là. Ce qui change, en revanche, ce sont les formes que ce processus engendre : peintures à l'huile abstraites, œuvres plus graphiques, des œuvres hybrides aussi, où les intentions se rencontrent, se superposent, se mélangent.

Ce que je cherche, au fond, ce n'est pas à réaliser une image que j'aurais en tête, mais à créer les conditions pour qu'une forme survienne, la reconnaître, l'accueillir, quand elle apparaît.





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                      Le HUBLOT du 11.09.2026
                     
                      Le HUBLOT du 18.09.2026






2.7.26

Hossein SIBONI du 10 juillet au 11 septembre 2026

Je suis né au cœur des forêts du nord de l’Iran, dans une famille qui produisait du charbon de bois depuis plusieurs générations. Avant d’apprendre à lire, j’ai appris à regarder les arbres, les traces des animaux, les changements de la lumière et la lente transformation du bois en charbon. Les huit premières années de ma vie se sont déroulées entièrement dans la forêt, loin de la ville et de ses rythmes. Cette expérience continue aujourd’hui d’habiter ma peinture. Le charbon n’est pas pour moi un simple matériau. Il appartient à mon histoire familiale. Il porte la mémoire du feu, mais aussi celle des arbres, du temps et des gestes transmis de génération en génération. Lorsque je l’utilise, je ne cherche pas à représenter cette mémoire ; je travaille avec elle. Le charbon conserve quelque chose de la disparition tout en rendant une nouvelle présence possible. 

Plus tard, lorsque je me suis tourné vers la philosophie et la littérature, j'ai compris que ce que j'avais vécu dans le silence de la forêt dépassait le simple souvenir d'une enfance. C'était déjà une manière d'habiter le monde. La philosophie m'a donné les mots pour penser cette expérience, mais son origine ne se trouvait pas dans les livres. Elle était née bien avant eux, parmi les arbres, le feu et le silence de la forêt. 

Mes peintures ne racontent pas mon histoire personnelle. Elles cherchent plutôt à faire apparaître un espace où les formes demeurent ouvertes, où les corps, les paysages et les figures passent les uns dans les autres sans frontières fixes. Ce qui m’intéresse n’est pas simplement l’identité des choses, mais les relations qui les unissent et les transforment. 

La pensée de Platon, et plus particulièrement sa conception d’Éros comme force de liaison, accompagne cette recherche. Elle rejoint une intuition ancienne : celle que l’être humain n’existe jamais séparément du monde vivant qui le porte. La peinture devient alors le lieu où cette continuité peut être éprouvée, non comme une idée, mais comme une expérience. 

Si mes œuvres évoquent parfois la mémoire, la disparition ou la fragmentation, c’est parce qu’elles cherchent avant tout ce qui demeure sous les ruptures apparentes. Elles tentent d’approcher cette part silencieuse qui relie les êtres, la matière et le temps, ce que certaines traditions ont appelé l’Anima Mundi. 

Lien vers le documentaire «The Forest Charcoal Burners or Me and My Birds» Farhad Mehranfar, 1995 


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Le HUBLOT du 10.07.2026
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Le HUBLOT du 28.08.2026