2.7.26

Hossein SIBONI du 10 juillet au 11 septembre 2026

Ma pratique explore les relations entre la conscience, la mémoire et le monde naturel. À  travers la peinture, je considère l’image non comme une représentation du réel, mais comme un lieu d’émergence, où perception, matière et temps se rencontrent. 

Les figures, les paysages et les corps fragmentés qui traversent mon travail apparaissent dans un état d’instabilité. Ils se présentent moins comme des sujets autonomes que comme les traces d’un champ relationnel au sein duquel les frontières entre soi et le monde, le corps et l’environnement, la présence et l’absence demeurent ouvertes. Par des processus de superposition, d’effacement et de transformation, la peinture devient un espace où les identités fixes cèdent la place à des formes de continuité, de circulation et d’échange. 

Le charbon occupe une place centrale dans cette recherche. Marqué par la combustion et la transformation, il porte en lui à la fois la présence et le vestige. Sa capacité à inscrire le temps, l’altération et la disparition permet à la peinture de fonctionner comme une forme de fouille, attentive à ce qui persiste sous la surface du visible. Il ne s’agit pas de représenter la mémoire, mais d’agir à travers elle, en révélant la manière dont l’expérience demeure inscrite dans la matière elle-même. 

Cette démarche repose sur une conception de la conscience comme fondamentalement relationnelle. En dialogue avec la pensée platonicienne, je considère la perception comme une participation à une continuité partagée de l’existence. Dans cette perspective, Éros apparaît comme un principe de liaison: une force qui relie le visible à l’invisible, l’humain à ce qui le dépasse, et l’expérience individuelle à un ordre plus vaste de l’être.  


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5.6.26

Olivia BARANI du 12 au 26 juin 2026

Sa démarche artistique, nourrie par un parcours en art et en conservation-restauration, explore l’instabilité des matières et les processus de transformation qui traversent les œuvres. Elle se déploie comme un espace d’expérimentation où ces savoirs deviennent des outils de déplacement poétique, attentifs à ce qui persiste autant qu’à ce qui disparaît.


Depuis 2018, son travail s’articule autour de la mémoire, de la trace et de la disparition. Elle envisage la mémoire comme un processus actif, dont la rémanence constitue le fil conducteur : non comme un vestige figé, mais comme une dynamique de transformation continue.


Cette recherche s’incarne dans des gestes de retrait, de prélèvement et de reconfiguration – détacher, fragmenter, récupérer, superposer – qui déplacent les formes et les réinscrivent dans de nouveaux agencements.


À travers une pratique mêlant peinture, dessin, photographie et sculpture, elle développe des installations souvent éphémères et instables, où la matière est éprouvée dans ses conditions de maintien, d’altération et d’effacement. Son travail explore ainsi ce qui demeure après la disparition, en faisant de la rémanence une force active, capable de générer de nouvelles formes d’existence.



                     Le site de Olivia BARANI ici
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                      Le HUBLOT du 12.06.2026
                       Le HUBLOT du 19.06.2026

22.5.26

Isa GUIOD du 29 mai au 12 juin 2026

« Peintre-toi la langue » ou toucher la chair du langage est le mot d’ordre de ma peinture. Parti d’un lapsus d’une phrase de Matisse « Peintre, coupe-toi la langue », l’inconscient fait œuvre en omettant le verbe couper, la parole se meut en matière picturale.

 

Profondément animée par l’engagement du corps par la parole, j’ai exploré différents territoires avant d’entrer - en deçà et au-delà des mots – en peinture. La voix de Valère Novarina, à travers sa prose poétique et théâtrale est l’élément choc déclencheur « va jusqu’où les mots rebroussent chemins ». C’est l’écho qu’attendait l’image pour surgir.

 

De là,

 

Je suis une scription qui part à l’aventure : c’est quoi un corps qui parle ?

L’aventure d’une langue imaginaire qui se cherche primitive, animale.

L’aventure d’une écriture qui se cherche organique.

Comment saisir les multiples formes de la corporalité du langage, à l’instar de la langue qui s’invente tous les jours.

 

Je suis une peinture qui fraye sous la peau des mots.

Les mots sont mangés, dévorés, mâchés pour en extraire les rythmes, les sons, les souffles, les cris. La matière charnelle (pastel à l’huile, huile), fruit de cette manducation, se dépose sur le papier ou la toile dans une tentative d’élocution, d’énonciation, d’articulation… ?

une corp-oralité ?

La chair du langage semble poindre et les timbres de chaque voix qui la porte ont une couleur ; toutes se côtoient crues, vives, franches puis s’entremêlent, consonnent ou dissonent. C’est un pari de leur résonance à chaque fois, une gamme chromatique qui dit quelque chose de la choralité.

 

corporalité corps-oralité choralité

Pourrait être la déclinaison d’une création qui, à travers notre temporalité et nos multiplicités, questionne le langage en absorbant sa métamorphose, son hétérogénéité, son nomadisme, et remet le vivant et l’organique au cœur de cette interrogation. 

Dans l’impératif de Matisse, une fois coupée, « la langue se peindre ».     




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Le HUBLOT du 29.05.2026
Le HUBLOT du 05.06.2026