30.10.26

Anne-Andrée CARRON du 06 au 20 novembre 2026

Mais ! Qui sont ces arbres ? 

 

Dans un ancien verger normand, mon enfance s'est nourrie du jardin familial dessiné par mes parents. Ils avaient confié à chacun de leurs quatre enfants une plate-bande de terre pour y rêver, jouer ou cultiver des plantes.
De la terre argileuse a germée l’idée de l'Arbre. 

Les promenades dans les forêts domaniales aux hêtres élancés vers le ciel me ravissaient.
Sur la côte d'Albâtre, en Pays de Caux, des troncs d'arbres étaient destinés au chantier de construction navale d'un de mes ancêtres.
Je songe à Salomon de Caus, ingénieur et architecte cauchois du XVIe siècle qui avait créé un jardin palatin (et écrit La perspective avec la raison des ombres et des miroirs). 

Et à l'inspiration heureuse venue des sculpteurs grecs antiques, des Étrusques où apparaissait l’élégance des monuments funéraires dédiés aux défunts, modelés en terre. 

L’atelier de terre de l’École des Beaux-Arts, puis le lieu où je travaille désormais m’ont permis de métamorphoser ce temps de l’enfance, des origines.
Mon cheminement est simple.
J'aime emprunter des sentiers, arpenter les rues de la ville avec une fraîche curiosité.

Quand je travaille, il s’établit un lien fort avec la terre, la taille d'un arbre et son piédestal sorte d'architecture qui suppose un élan physique.
Les petits côtoient les grands. Grâce à un outil fin, leur feuillage devenu écriture ondule, varie selon la terre choisie : rouge, noir, blanche, rose. Parfois j'ajoute discrètement un trait de pinceau avec un bleu ou un jaune, tel un geste de peintre.

Mes Arbres sont des sculptures évoluant avec leur découpe dans l’espace, jouant avec la lumière, le vide et le plein ; les peintures chinoises et japonaises m'accompagnent.
Ils émergent pour certains d’un mur, de la sorte un morceau de paysage sauvage ou cultivé et construit.Variété des formes. On peut y voir un feuillage mouvant à l'instar d'une coiffure féminine.  Il m'évoque aussi certaines algues des prairies marines. 

Poussant ainsi de la stèle, il se dégage un silence, un calme où bruissent des conversations, murmures, qui expriment la vie.
Je façonne des Arbres, sculptures-hommages aux civilisations enfouies telle des graines en attente de se tendre vers l'air.
Mémoires. 

Planté par l’homme, pour sa survie, avec sa présence verticale dans le paysage l'arbre est un témoin bienveillant tout à proximité de la maison, sur la place... 

J'aime la multiplicité des lieux où l’arbre naturel pousse et s’ancre dans des terres aux qualités et couleurs variées. 

De ma terre modelée, séchée puis cuite, apparaissent des visages ou des portraits d'arbres, solides inscrivant ainsi l’Humanité dans la Nature rêvée et imaginaire. 


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16.10.26

JEAN-BAPTISTE NÉE du 23 octobre au 06 novembre 2026

Né en 1986. Peintre et plasticien français, diplômé des Arts‑Décoratifs de Paris en 2012, Jean‑Baptiste Née travaille principalement en montagne au contact d’éléments premiers, au cours de séjours en immersion et de résidences. Depuis 2015, il intègre l'influence du site au processus de création : la pluie, la neige, le relief participent à l'élaboration des œuvres et innervent la figuration d'une dimension analogique. Il est présenté à Genève par la galerie LIGNEtreize depuis 2019, et à Paris par la galerie Camera Obscura depuis 2021. Il collabore régulièrement avec différentes galeries et maisons d'édition françaises. Son travail est présent dans les collections publiques. Son atelier est à Montreuil (93).


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                      Le HUBLOT du 23.10.2026
                      Le HUBLOT du 30.10.2026



4.10.26

Dominique ALBERTELLI du 09 au 23 octobre 2026

Pourquoi peindre

pour survivre
pour respirer
pour m’en sortir
pour dire le monde, la peur, la joie, les autres
pour dire la force
le souffle
la vie
pour évite la confusion des mots

Pourquoi la peinture ?

ça fait reculer les murs
c’est simple, visible par tous
c’est hors du langage
ça donne du sens au silence

Ça reste pour moi le moyen le plus évident et le plus difficile, il faut une sacrée dose d’inconscience ou de farouche détermination pour peindre aujourd’hui avec ce matériau venu du fond des âges, quand tant d’autres possibilités de s’exprimer sont offertes, plus rebelles en apparence, plus mentales, plus conceptualisable.
Mais le fait de peindre au début du vingt et unième siècle, de s’installer avec son barda devant une toile blanche pour dire comment on voit ce monde est déjà, je trouve, très audacieux. Il ne faut pas avoir peur des redites et il faut une bonne dose d’orgueil pour se dire que tout n’a pas été dit et que l’on peut ajouter quelque chose ; en somme, il faut oser.
Pour moi seule la peinture et la toile peuvent parler de la solitude et de l’amour, de la vie et de la mort, de la poésie et du silence tremblant de l’air.
Dans ma peinture actuelle, j’essaie de parler de ce courant ténu qui passe entre les êtres quels qu’ils soient avec leur différence, leur difficulté à se parler, se comprendre ou s’aimer.
Nous sommes tous d’une certaine manière handicapés au monde, engoncés dans nos corps, maladroits dans nos mots. La peur de la mort et la joie d’être en vie nous lient comme un fil invisible.
L’objet toile peut être ce passage libre de mots qui nous tient les uns aux autres ; devant la peinture chacun est à égalité ; pas d’échelle de valeur des émotions, du ressenti, de la beauté ou de la jouissance. Quelque chose comme une égalité des chances, une société rêvée ou chacun s’approprie l’art comme un objet offert, donné au regard, révélateur, et qui peut tout à la fois apaiser, bousculer, réveiller, transcender ; qui rejoindrait le sacré dont nous manquons tous. Un objet magique en quelque sorte.
Et la société est tellement tournée vers l’individualisme, la religion du corps l’obsession du paraître…Devant l’opacité du monde je ne saurais dire autrement qu’en peinture la fragilité d’un mot, la folie d’un geste, le murmure de l’air, la violence et la douceur.

Dominique ALBERTELLI


L'article de ARALYA sur Dominique ALBERTELLI

https://www.aralya.fr/dominique-albertelli-a-travers-le-hublot/



Le site de Dominique ALBERTELLI ici
Son Instagram là

Le HUBLOT du 09.10.2026










 

19.9.26

Thomas IVERNEL du 25 septembre au 09 octobre 2026

Thomas Ivernel est un artiste visuel français né en 1970 à Paris. Ses médiums sont principalement la peinture et la gravure. 

Il utilise occasionnellement la vidéo notamment pour un travail qu'il a montré chez Agnès b en 2013 en collaboration avec le Motion designer Thomas Fage. 

Il a exposé son travail à Paris, New York, Bruxelles entre autres. Les galeries Jane Roberts et Popy Arvani ont montré ses œuvres dans des expositions personnelles ces dernières années. 

Il représente des vues urbaines souvent de nuit et la comédie humaine dans des compositions où il peut se mettre lui-même en scène. 

Il collabore d'autre part depuis plusieurs années avec l'écrivain Pierre Michon avec lequel il a réalisé jusqu'à présent deux livres d'artiste en 2022 et 2025. 


                   Le site de Thomas IVERNEL ici
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                      Le HUBLOT du 25.09.2026

                      Le HUBLOT du 02.10.2026