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UN VENDREDI SUR 2 À PARTIR DE 19 H PLACE VOLTAIRE IVRY sur SEINE un artiste installe dans une fenêtre une œuvre qu'il donne ainsi à découvrir 24 h/24, aux passants et habitants du quartier. Le vernissage, ouvert à tous, est prétexte à une rencontre en présence de l'artiste, pour partager un moment de convivialité et d'échange qui dure depuis maintenant des années. Une seconde œuvre de l'artiste est présentée hors vernissage le vendredi suivant.

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pour survivre
pour respirer
pour m’en sortir
pour dire le monde, la peur, la joie, les autres
pour dire la force
le souffle
la vie
pour évite la confusion des mots
Pourquoi la peinture ?
ça fait reculer les murs
c’est simple, visible par tous
c’est hors du langage
ça donne du sens au silence
Ça reste pour moi le moyen le plus évident et le plus difficile, il faut une sacrée dose d’inconscience ou de farouche détermination pour peindre aujourd’hui avec ce matériau venu du fond des âges, quand tant d’autres possibilités de s’exprimer sont offertes, plus rebelles en apparence, plus mentales, plus conceptualisable.
Mais le fait de peindre au début du vingt et unième siècle, de s’installer avec son barda devant une toile blanche pour dire comment on voit ce monde est déjà, je trouve, très audacieux. Il ne faut pas avoir peur des redites et il faut une bonne dose d’orgueil pour se dire que tout n’a pas été dit et que l’on peut ajouter quelque chose ; en somme, il faut oser.
Pour moi seule la peinture et la toile peuvent parler de la solitude et de l’amour, de la vie et de la mort, de la poésie et du silence tremblant de l’air.
Dans ma peinture actuelle, j’essaie de parler de ce courant ténu qui passe entre les êtres quels qu’ils soient avec leur différence, leur difficulté à se parler, se comprendre ou s’aimer.
Nous sommes tous d’une certaine manière handicapés au monde, engoncés dans nos corps, maladroits dans nos mots. La peur de la mort et la joie d’être en vie nous lient comme un fil invisible.
L’objet toile peut être ce passage libre de mots qui nous tient les uns aux autres ; devant la peinture chacun est à égalité ; pas d’échelle de valeur des émotions, du ressenti, de la beauté ou de la jouissance. Quelque chose comme une égalité des chances, une société rêvée ou chacun s’approprie l’art comme un objet offert, donné au regard, révélateur, et qui peut tout à la fois apaiser, bousculer, réveiller, transcender ; qui rejoindrait le sacré dont nous manquons tous. Un objet magique en quelque sorte.
Et la société est tellement tournée vers l’individualisme, la religion du corps l’obsession du paraître…Devant l’opacité du monde je ne saurais dire autrement qu’en peinture la fragilité d’un mot, la folie d’un geste, le murmure de l’air, la violence et la douceur.
Dominique ALBERTELLI
L'article de ARALYA sur Dominique ALBERTELLI
https://www.aralya.fr/dominique-albertelli-a-travers-le-hublot/
Thomas Ivernel est un artiste visuel français né en 1970 à Paris. Ses médiums sont principalement la peinture et la gravure.
Il utilise occasionnellement la vidéo notamment pour un travail qu'il a montré chez Agnès b en 2013 en collaboration avec le Motion designer Thomas Fage.
Il a exposé son travail à Paris, New York, Bruxelles entre autres. Les galeries Jane Roberts et Popy Arvani ont montré ses œuvres dans des expositions personnelles ces dernières années.
Il représente des vues urbaines souvent de nuit et la comédie humaine dans des compositions où il peut se mettre lui-même en scène.
Il collabore d'autre part depuis plusieurs années avec l'écrivain Pierre Michon avec lequel il a réalisé jusqu'à présent deux livres d'artiste en 2022 et 2025.
Tout commence par un désir sans contour précis, peindre, ou plutôt dessiner, je ne le sais pas encore vraiment.
À l'atelier, je suis ce désir comme on suit une piste incertaine, en faisant des essais, en risquant des formes, en changeant de médium pour explorer.
Ce temps de recherche est imprévisible, parfois quelques jours, parfois plus long, traversé par des moments de doutes, de déceptions, de joies, ce qui permet aux gestes de s'affiner.
Progressivement, quelque chose apparaît. Une image se détache, ténue d'abord, puis plus insistante. Une présence s'impose. D'œuvre en œuvre, elle se répète, se module, se cherche encore, c'est ainsi qu'une série prend forme.
Le point de départ de tous mes travaux ne change pas : c'est toujours une liberté sans détermination, une disponibilité à ce qui n'est pas encore là. Ce qui change, en revanche, ce sont les formes que ce processus engendre : peintures à l'huile abstraites, œuvres plus graphiques, des œuvres hybrides aussi, où les intentions se rencontrent, se superposent, se mélangent.
Ce que je cherche, au fond, ce n'est pas à réaliser une image que j'aurais en tête, mais à créer les conditions pour qu'une forme survienne, la reconnaître, l'accueillir, quand elle apparaît.