13.2.26

Typhaine LE BARS du 20 février au 06 mars 2025

Fragments dintensité 

 

Dans un instant suspendu, 

surgit parfois

inattendue,

la beauté du monde qui mentoure.

 

Je fabrique ma gouache

à partir de pigments

à la recherche de la couleur

qui me prend par le col, magrippe

la chemise

et ne me lâche pas. 

 

Certains moments de vie simbriquent 

dans mes peintures.

je peins avec impatience, 

dans la crainte quils ne s’échappent.

 

Les personnages imaginaires,

je les côtoie dans mes rencontres.

 

Territoire de lintime

spectacles au sein desquels se croisent 

des regards amusés, 

complices, 

inquiétants.


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30.1.26

Laure MAUCERI du 06 au 20 février 2026

Ses arbres sont des nuées de songes. Des fourmillements de feuilles condensés en nébulosités blêmes se chevauchant telle une explosion de sable. Pas d'espace libre, ce sont des entités, des massifs impénétrables, mais ils se découpent, ils respirent, on aperçoit des fractures, des déchirures sombres dans la dentelle des dômes... Le noir n'est pas noir, il est habité. Des milliers de feuilles assemblées pièce à pièce comme pour n'en oublier aucune, et qui forment des moutonnements cernés d'ombre s'étageant en volutes de fumée blanche s'élevant du bas (il n'y a pas vraiment de sol) vers le haut (y a-t-il un ciel ? Vide à première vue), bourgeonnant des troncs rarement visibles aussi, mais de moins en moins, sous la densité des feuillages "pommelés", en apesanteur, suspendus. Quelque chose a explosé. Quelque chose (une présence) s'élève, sans appui, se déploie comme à flanc de coteau, les arbres poussant sur les arbres, des arbres à lianes, une féérie de frênes, d'acacias, presque irréels, tant ils sont profus, témoignant d'un regard acéré, consciencieux, d'une concentration de trait vertigineuse, par qui voit ce que l'on ne peut pas voir. L'infiniment petit et l'infiniment grand, en ménageant çà et là des trouées salutaires, des respirations. Ses lianes coulent comme des cordes, parfois entremêlées, en faisceaux, si fines et déliées qu'on les saisirait bien, comme les chasseurs de miel au Népal, ou de nids d'hirondelles, munis de leurs longues perches de bambous, les "chasseurs d'éternel", les "chasseurs des ténèbres". On se perd dans les ombres, les masses denses et cotonneuses, enchevêtrées, que ces filaments, ces clématites allègent, à moins que ce ne soit du chèvrefeuille sauvage, des ronces, dit-elle, peu importe, des larmes d'oiseau, comme on nomme les feuilles pennées des frênes, précises et vivantes.

Des flambées d'arbres, des extraits de paysage, des arbres immenses dont on se demande d'où ils sortent, s'ils sont réels ou imaginaires, le dessin est toujours réel, mais on le croit parfois imaginaire, et seul l'artiste connaît ces lieux insolites, peut-être sujets aux inondations, car on trouve aussi des arbres immergés dans un paysage de désolation (une étrange lune rousse se reflète et s'enfonce dans l'eau), elle seule sait où elle est, où elle va, ses itinéraires secrets, nous restons, nous, perdus, désemparés, émerveillés, dépassés, comme devant la grâce et l'humilité […].

Extrait de Hors temps par Frédéric Dambreville 

@lauremauceri expose actuellement, et ce jusqu’au 24 février, en duo avec le peintre @freddambreville                  Galerie Atsikal, 90 rue d’Assas 75006 Paris.


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                      Le HUBLOT du 06.02.2026
                      Le HUBLOT du 13.02.2026


                    

16.1.26

Nicole ALBERTINI du 23 janvier au 06 février 2026

Contemporains, mon travail et celui des sculpteurs qui dressèrent les pierres vers le ciel, des grecs qui habillèrent un morceau de bois, de celui qui cisela les cheveux de pierre de Marie Madeleine… Anachronique est le contemporain ! Je tente à partir de cette position non pas une forme dans l’espace, mais de vivifier l’espace arraché à l’oubli de mes mains. A l’oubli de quoi ? Personne ne s’en souvient.  

Il faut sculpter, c’est à dire ne pas oublier, « les fleurs ne rencontrent pas la mort, et ce qui sera simple promesse » Ossip Mandelstam.
 
Ainsi, les sculptures donnent à voir dans leur apparaître, au-delà même de leur forme, le geste qui les fit venir. Un « geste revenu » … Une maîtrise à ce temps-là ne serait qu’un leurre, un savoir acquis, une trahison. Non, ce sifflement entre mes doigts rend présent une mémoire, pas tout à fait la mienne, ou, je m’interroge, la mienne en ce qu’elle pourrait être liée à un immémorial de la sculpture comme telle ?

Dans mon travail, toujours est en question ce qu’est la sculpture, de l’invisible avec lequel le dialogue se fait pendant le geste de sculpter, la forme vient ou revient. Ainsi je me demande, la sculpture garde-t-elle trace de ce qu’elle fut aux temps anciens comme cet appel à la venue du divin, ce lien entre les vivants et les morts ? Et comment un sculpteur aujourd’hui peut-il donner accueil, dans une forme, à ces traces devenues invisibles à notre modernité ? 


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                      Le HUBLOT du 23.01.2026
                       Le HUBLOT du 30.01.2026



2.1.26

Laurent CHABOT du 09 au 23 janvier 2026

Laurent Chabot, plasticien, poète et photographe est entré en peinture comme on entre en religion, son parcours est une quête sans fin qu'il achemine sans précipitation, avec ferveur et foi. En effet qu'advient-il quand le soleil "noir" s'empare totalement d'un être ? Or le soleil de Laurent Chabot est jaune sans que l'on y décèle une quelconque obsession ni une quelconque aliénation. Le jaune est la couleur que Laurent Chabot a choisie depuis qu'il a commencé à peindre. Cette couleur s'est alors étendue à d'autres médiums (le dessin, la photographie). C'est sa signature, sans faiblesse, ni répétition. "Je suis loin d'avoir fini cette prospection" nous confie-t-il.

La question, c'est de comprendre où se situe le tracé du travail graphique. Avant la pose du jaune ? Après ? Magie alléchante qui dans sa série de "Portraits" nous entraîne dans le processus de la révélation, tout comme dans celui de l'apparition dans ses séries de peintures. Est-ce l'aube ? Est-ce le crépuscule ? Le présent passé ? Le futur ? La très grande douceur d'un Millet ? La froideur d'un déluge astral ? Une "nuit Américaine" ? (Technique cinématographique où un filtre est utilisé). À ce propos Laurent Chabot n'a-t-il pas écrit "En plein jour c'est la nuit que le soleil éclaire" ? Ce sont tous ces possibles qui font osciller l'œuvre de Laurent Chabot entre classicisme maîtrisé et modernité. Aucune brutalité néanmoins dans le travail de Laurent Chabot, si ce n'est ce cheminement incessant de l'œil à l'âme.

Sylvie Reymond-Lépine

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                     Le HUBLOT du 09.01.2026
                     Le HUBLOT du 16.01.2026