17.6.18

Christophe ROLLAND - Yan LE MARCHAND, le 22 juin 2018



Une expo et des performances à venir au Hublot, où l'on restitue : 12 regards « faisons et partageons ensemble des photos de notre quotidien » a été imaginé à destination d’un groupe de jeunes adultes migrant.e.s hébergé.e.s sur le site du CHUM d’Ivry-sur-Seine. D’abord présenté sous l’intitulé de « La caravane… », l’idée était de faire le lien entre des   "petits bouts" de vies qui, ici comme ailleurs, se débusquent aussi bien au cœur de transhumances lointaines que dans des lieux d’habitations nomades qui nous sont relativement proches. L’intention était de vouloir partager des regards photographiques et parfois « simplement graphiques » sur des itinéraires de vie déracinées et provisoirement posées dans la sphère de territoires « grand parisiens ». A travers ces ateliers, où des appareils photos ont été confiés pendant 15 jours, ce sont donc ces regards de migrant.e.s qui ont donné et donneront lieu à différentes restitutions. Regards posés sur certains vestiges de leurs passés « réels » aussi bien que « figurés ». Images de leurs familles laissées derrière et parfois aussi capturées sur le web. Mais aussi regards simplement posés sur leurs quotidiens dans ce centre autant que de leurs propres découvertes de cette ville monde:l’agglomération du Grand Paris posée sur l’autre rive de la méditerranée. Cet atelier a été déployé par un duo d’artistes du FIL ROUGE de l’image et des Artistes de La Fabrique et d’Ailleurs, Christophe Rolland et Yan Le Marchand dans le cadre d’une première série d’une vingtaine d’ateliers montée par d’autes artistes de La Fabrique et d’Ailleurs : Agnès Evein, Anne Decup, Anne Vorms, Catherine Olivier, Diana Bustamante, Eirini Stavrakopoulou, Ewa Struzynska, Françoise Gay, Gokçe Celikel, Ludivine Démenez, Marie-Françoise Serra, Marie-claude Beck, Sophie Dussidour et Sophie Stampfer. Ce projet   "Bienvenue ", dont le thème était ici « La maison », a été possible grâce à l’accueil qui nous a été fait par les personnels et bénévoles du centre et plus particulièrement l’équipe socio culturelle d’Emmaüs Solidarité : Gabrielle de Préval, Diane Habyarimana et Jean-didier Prignol. Remerciements auprès de toutes, de tous et, pour finir auprès de de chacun.e des participant.e.s.
PS : Le visage de ce jeune enfant a été saisi lors de la mise en place de l’un de ces ateliers. De manière générale, il était demandé que les participant.e.s ne soient pas reconnaissables. Certains adultes ont fait le choix de passer outre. Mais, spécifiquement, pour les jeunes enfants, nous avons fait le choix qu’ils ne puissent pas être identifiables. C’est donc le cas ici, de ce jeune, photographié avec des lunettes de soleil est baigné dans un halo de lumières issues de l’une des projections d’images réalisées par les autres participant.e.s… 
Ch. Rolland


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12.6.18

Clémentine MELOIS, 15 juin 2018

"Dans le tableau Les Époux Arnolfini par Jan Van Eyck, si l’on regarde le petit miroir rond suspendu sur le mur du fond, on peut découvrir toute la pièce avec les époux vus de dos et le peintre lui-même. Sans ce détail, on parlerait moins de l’huile sur bois du primitif flamand. Si Clémentine Mélois s’était attaquée à cette oeuvre, c’est sur ce point de pivotement, sans doute, qu’elle aurait installé le décalage qui fait l’essence de son art : une robe ouverte jusqu’aux fesses à la Mireille Darc dans Le Grand Blond avec une chaussure noire pour Madame Arnolfini (les connaisseurs se souviendront), un poisson d’avril accroché dans le dos pour Monsieur Arnolfini, la liste des possibles est sans fin. Ce qu’exige toute l’oeuvre de Clémentine Mélois, c’est que l’on ait passé le code avec succès. Que l’on accepte certes de faire bouger son regard, mais un regard déjà éduqué, déjà complice. Ce sont les regardeurs qui font les tableaux, disait Marcel Duchamp justement. Ce sont aussi eux qui peuvent les refaire, ajoute Clémentine. Aux ready-made de l’oulipien, qui questionnent la réception de l’oeuvre d’art avec ironie, répondent les steady moved de l’oulipienne, qui proposent un déplacement de cette réception vers un autre équilibre, autrement précaire, et précaire autrement. On n’en sort pas. Et c’est très bien. Je ne crois pas pouvoir dire mieux sans le soutien d’une drogue dure."
                                                        Hervé Le Tellier 

Diplomée des beaux-arts de Paris, membre de l’Oulipo, auteur d’un recueil de pastiches de classiques de la littérature (Cent titres, Éditions Grasset, 2014), d’un roman inspiré de sa collection de listes de commissions (Sinon j’oublie, Éditions Grasset, 2017) et d’un traité de nihilisme pour la jeunesse (Jean-Loup fait des trucs, Éditions Les Fourmis rouges, 2015), elle est aussi l’une des « Papous » de France Culture et contribue à la revue Mon Lapin Quotidien (L’Association)
Son travail exclusivement composé de multiples mêle culture pop et culture classique, culture web et histoire de l’art, dans un jeu sur les codes de la photographie et de l’édition.


 




 


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Son Hublot du soir


 

3.6.18

Beatriz GUZMAN CATENA, le 08 juin 2018


Tout ce qui a été, tout ce qui sera


 Des terrains qui s’ouvrent, qui abritent des trouvailles, s‘expriment en tant que passage :
des découvertes réelles aux métaphores de la peinture.
Nous, comme des enfants à creuser dans une terre riche de fictions.
Des nouvelles images arrivent, sortent de l’ombre.
Quel accueil pour ces créatures?
L’hospitalité est une affaire de peinture…ou est-ce tout le contraire?





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