22.5.26

Isa GUIOD du 29 mai au 12 juin 2026

« Peintre-toi la langue » ou toucher la chair du langage est le mot d’ordre de ma peinture. Parti d’un lapsus d’une phrase de Matisse « Peintre, coupe-toi la langue », l’inconscient fait œuvre en omettant le verbe couper, la parole se meut en matière picturale.

 

Profondément animée par l’engagement du corps par la parole, j’ai exploré différents territoires avant d’entrer - en deçà et au-delà des mots – en peinture. La voix de Valère Novarina, à travers sa prose poétique et théâtrale est l’élément choc déclencheur « va jusqu’où les mots rebroussent chemins ». C’est l’écho qu’attendait l’image pour surgir.

 

De là,

 

Je suis une scription qui part à l’aventure : c’est quoi un corps qui parle ?

L’aventure d’une langue imaginaire qui se cherche primitive, animale.

L’aventure d’une écriture qui se cherche organique.

Comment saisir les multiples formes de la corporalité du langage, à l’instar de la langue qui s’invente tous les jours.

 

Je suis une peinture qui fraye sous la peau des mots.

Les mots sont mangés, dévorés, mâchés pour en extraire les rythmes, les sons, les souffles, les cris. La matière charnelle (pastel à l’huile, huile), fruit de cette manducation, se dépose sur le papier ou la toile dans une tentative d’élocution, d’énonciation, d’articulation… ?

une corp-oralité ?

La chair du langage semble poindre et les timbres de chaque voix qui la porte ont une couleur ; toutes se côtoient crues, vives, franches puis s’entremêlent, consonnent ou dissonent. C’est un pari de leur résonance à chaque fois, une gamme chromatique qui dit quelque chose de la choralité.

 

corporalité corps-oralité choralité

Pourrait être la déclinaison d’une création qui, à travers notre temporalité et nos multiplicités, questionne le langage en absorbant sa métamorphose, son hétérogénéité, son nomadisme, et remet le vivant et l’organique au cœur de cette interrogation. 

Dans l’impératif de Matisse, une fois coupée, « la langue se peindre ».     




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Le HUBLOT du 29.05.2026
Le HUBLOT du 05.06.2026




12.5.26

Marisol FALCON du 15 au 29 mai 2026


À travers la peinture, j’ai trouvé un langage pour raconter une réalité souvent ignorée : celle d’un pays considéré comme paradisiaque aux yeux du monde, où certaines personnes subissaient pourtant humiliations, atrocités et emprisonnements simplement parce qu’elles étaient homosexuelles — ou soupçonnées de l’être.

La manière de s’habiller pouvait déjà éveiller la suspicion et mener à la dénonciation, au nom d’une révolution qui considérait cela comme une dérive bourgeoise qu’elle ne pouvait tolérer.

Être noir faisait également partie des stigmates profondément enracinés dans la société construite par Fidel Castro, et ces discriminations demeurent encore aujourd’hui.

Le modèle imposé était celui du mâle viril, du “vrai homme”. Les autres étaient marginalisés, et souvent officiellement internés dans les camps de l’UMAP. Pendant ce temps, une partie de la bourgeoisie pouvait, dans l’ombre, s’autoriser cette soi-disant “aberration”.

Aujourd’hui, dans un pays où je peux enfin m’exprimer librement sans craindre pour ma vie, la peinture est devenue ma manière de témoigner. Une liberté précieuse, pour laquelle j’éprouve une profonde gratitude.





                     Le HUBLOT du 15.05.2026
                     Le HUBLOT du 22.05.2026