12.5.26

Marisol FALCON du 15 au 29 mai 2026


À travers la peinture, j’ai trouvé un langage pour raconter une réalité souvent ignorée : celle d’un pays considéré comme paradisiaque aux yeux du monde, où certaines personnes subissaient pourtant humiliations, persécutions et emprisonnements simplement parce qu’elles étaient homosexuelles — ou soupçonnées de l’être.

Sous le régime de Fidel Castro, les camps de l’UMAP furent initialement créés pour interner les homosexuels. Par la suite, d’autres personnes jugées « indésirables » y furent également envoyées : intellectuels, artistes, croyants ou citoyens qui ne partageaient pas les idées du régime.

La manière de s’habiller pouvait déjà éveiller la suspicion. Ceux qui adoptaient une mode inspirée des tendances occidentales étaient parfois considérés comme des bourgeois, porteurs de valeurs incompatibles avec l’idéologie révolutionnaire, et pouvaient faire l’objet de dénonciations ou de sanctions.

Être noir faisait également partie des stigmates profondément enracinés dans la société, malgré le discours officiel d’égalité, et certaines formes de discrimination persistent encore aujourd’hui.

Le modèle imposé était celui du mâle viril, du « vrai homme ». Tous ceux qui s’en éloignaient étaient marginalisés, exclus ou réprimés. Dans ce contexte, la différence devenait souvent un motif de contrôle et de persécution.

Aujourd’hui, dans un pays où je peux enfin m’exprimer librement sans craindre pour ma vie, la peinture est devenue ma manière de témoigner. Une liberté précieuse, pour laquelle j’éprouve une profonde gratitude.






                     Le HUBLOT du 15.05.2026
                     Le HUBLOT du 22.05.2026