2.7.26

Hossein SIBONI du 10 juillet au 11 septembre 2026

Ma pratique explore les relations entre la conscience, la mémoire et le monde naturel. À  travers la peinture, je considère l’image non comme une représentation du réel, mais comme un lieu d’émergence, où perception, matière et temps se rencontrent. 

Les figures, les paysages et les corps fragmentés qui traversent mon travail apparaissent dans un état d’instabilité. Ils se présentent moins comme des sujets autonomes que comme les traces d’un champ relationnel au sein duquel les frontières entre soi et le monde, le corps et l’environnement, la présence et l’absence demeurent ouvertes. Par des processus de superposition, d’effacement et de transformation, la peinture devient un espace où les identités fixes cèdent la place à des formes de continuité, de circulation et d’échange. 

Le charbon occupe une place centrale dans cette recherche. Marqué par la combustion et la transformation, il porte en lui à la fois la présence et le vestige. Sa capacité à inscrire le temps, l’altération et la disparition permet à la peinture de fonctionner comme une forme de fouille, attentive à ce qui persiste sous la surface du visible. Il ne s’agit pas de représenter la mémoire, mais d’agir à travers elle, en révélant la manière dont l’expérience demeure inscrite dans la matière elle-même. 

Cette démarche repose sur une conception de la conscience comme fondamentalement relationnelle. En dialogue avec la pensée platonicienne, je considère la perception comme une participation à une continuité partagée de l’existence. Dans cette perspective, Éros apparaît comme un principe de liaison: une force qui relie le visible à l’invisible, l’humain à ce qui le dépasse, et l’expérience individuelle à un ordre plus vaste de l’être.  


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