2.7.26

Hossein SIBONI du 10 juillet au 11 septembre 2026

Ma pratique explore les relations entre la conscience, la mémoire et le monde naturel. À  travers la peinture, je considère l’image non comme une représentation du réel, mais comme un lieu d’émergence, où perception, matière et temps se rencontrent. 

Les figures, les paysages et les corps fragmentés qui traversent mon travail apparaissent dans un état d’instabilité. Ils se présentent moins comme des sujets autonomes que comme les traces d’un champ relationnel au sein duquel les frontières entre soi et le monde, le corps et l’environnement, la présence et l’absence demeurent ouvertes. Par des processus de superposition, d’effacement et de transformation, la peinture devient un espace où les identités fixes cèdent la place à des formes de continuité, de circulation et d’échange. 

Le charbon occupe une place centrale dans cette recherche. Marqué par la combustion et la transformation, il porte en lui à la fois la présence et le vestige. Sa capacité à inscrire le temps, l’altération et la disparition permet à la peinture de fonctionner comme une forme de fouille, attentive à ce qui persiste sous la surface du visible. Il ne s’agit pas de représenter la mémoire, mais d’agir à travers elle, en révélant la manière dont l’expérience demeure inscrite dans la matière elle-même. 

Cette démarche repose sur une conception de la conscience comme fondamentalement relationnelle. En dialogue avec la pensée platonicienne, je considère la perception comme une participation à une continuité partagée de l’existence. Dans cette perspective, Éros apparaît comme un principe de liaison: une force qui relie le visible à l’invisible, l’humain à ce qui le dépasse, et l’expérience individuelle à un ordre plus vaste de l’être.  


Lien vers le documentaire «The Forest Charcoal Burners or Me and My Birds» Farhad Mehranfar, 1995 


L'Instagram de Hossein SIBONI ici






5.6.26

Olivia BARANI du 12 au 26 juin 2026

Sa démarche artistique, nourrie par un parcours en art et en conservation-restauration, explore l’instabilité des matières et les processus de transformation qui traversent les œuvres. Elle se déploie comme un espace d’expérimentation où ces savoirs deviennent des outils de déplacement poétique, attentifs à ce qui persiste autant qu’à ce qui disparaît.


Depuis 2018, son travail s’articule autour de la mémoire, de la trace et de la disparition. Elle envisage la mémoire comme un processus actif, dont la rémanence constitue le fil conducteur : non comme un vestige figé, mais comme une dynamique de transformation continue.


Cette recherche s’incarne dans des gestes de retrait, de prélèvement et de reconfiguration – détacher, fragmenter, récupérer, superposer – qui déplacent les formes et les réinscrivent dans de nouveaux agencements.


À travers une pratique mêlant peinture, dessin, photographie et sculpture, elle développe des installations souvent éphémères et instables, où la matière est éprouvée dans ses conditions de maintien, d’altération et d’effacement. Son travail explore ainsi ce qui demeure après la disparition, en faisant de la rémanence une force active, capable de générer de nouvelles formes d’existence.



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                      Le HUBLOT du 12.06.2026
                       Le HUBLOT du 19.06.2026

22.5.26

Isa GUIOD du 29 mai au 12 juin 2026

« Peintre-toi la langue » ou toucher la chair du langage est le mot d’ordre de ma peinture. Parti d’un lapsus d’une phrase de Matisse « Peintre, coupe-toi la langue », l’inconscient fait œuvre en omettant le verbe couper, la parole se meut en matière picturale.

 

Profondément animée par l’engagement du corps par la parole, j’ai exploré différents territoires avant d’entrer - en deçà et au-delà des mots – en peinture. La voix de Valère Novarina, à travers sa prose poétique et théâtrale est l’élément choc déclencheur « va jusqu’où les mots rebroussent chemins ». C’est l’écho qu’attendait l’image pour surgir.

 

De là,

 

Je suis une scription qui part à l’aventure : c’est quoi un corps qui parle ?

L’aventure d’une langue imaginaire qui se cherche primitive, animale.

L’aventure d’une écriture qui se cherche organique.

Comment saisir les multiples formes de la corporalité du langage, à l’instar de la langue qui s’invente tous les jours.

 

Je suis une peinture qui fraye sous la peau des mots.

Les mots sont mangés, dévorés, mâchés pour en extraire les rythmes, les sons, les souffles, les cris. La matière charnelle (pastel à l’huile, huile), fruit de cette manducation, se dépose sur le papier ou la toile dans une tentative d’élocution, d’énonciation, d’articulation… ?

une corp-oralité ?

La chair du langage semble poindre et les timbres de chaque voix qui la porte ont une couleur ; toutes se côtoient crues, vives, franches puis s’entremêlent, consonnent ou dissonent. C’est un pari de leur résonance à chaque fois, une gamme chromatique qui dit quelque chose de la choralité.

 

corporalité corps-oralité choralité

Pourrait être la déclinaison d’une création qui, à travers notre temporalité et nos multiplicités, questionne le langage en absorbant sa métamorphose, son hétérogénéité, son nomadisme, et remet le vivant et l’organique au cœur de cette interrogation. 

Dans l’impératif de Matisse, une fois coupée, « la langue se peindre ».     




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Le HUBLOT du 29.05.2026
Le HUBLOT du 05.06.2026




12.5.26

Marisol FALCON du 15 au 29 mai 2026


À travers la peinture, j’ai trouvé un langage pour raconter une réalité souvent ignorée : celle d’un pays considéré comme paradisiaque aux yeux du monde, où certaines personnes subissaient pourtant humiliations, atrocités et emprisonnements simplement parce qu’elles étaient homosexuelles — ou soupçonnées de l’être.

La manière de s’habiller pouvait déjà éveiller la suspicion et mener à la dénonciation, au nom d’une révolution qui considérait cela comme une dérive bourgeoise qu’elle ne pouvait tolérer.

Être noir faisait également partie des stigmates profondément enracinés dans la société construite par Fidel Castro, et ces discriminations demeurent encore aujourd’hui.

Le modèle imposé était celui du mâle viril, du “vrai homme”. Les autres étaient marginalisés, et souvent officiellement internés dans les camps de l’UMAP. Pendant ce temps, une partie de la bourgeoisie pouvait, dans l’ombre, s’autoriser cette soi-disant “aberration”.

Aujourd’hui, dans un pays où je peux enfin m’exprimer librement sans craindre pour ma vie, la peinture est devenue ma manière de témoigner. Une liberté précieuse, pour laquelle j’éprouve une profonde gratitude.





                     Le HUBLOT du 15.05.2026
                     Le HUBLOT du 22.05.2026

25.4.26

Pascaline BOURA du 1er au 15 mai 2026

Les correspondances peintes, dessinées, musicales

 

J'écris à ceux et celles qui sont loin, dans un autre monde que le nôtre.

J'écris aussi à celles et ceux qui sont encore dans notre réalité.

Je mets en forme, en couleurs et en matière ce que j'ai à raconter encore aux miens. Ce sont mes lettres en poste restante, mes cadeaux, mes hommages. La mémoire du souvenir, de la relation.

J'aime en avoir plein les mains, froisser, tirer, aplatir le papier et jeter, incruster les poussières du pastel broyé, couler l'encre entre les plis, ouvrir la paume de main sur la matière et la mettre sens dessus-dessous jusqu'à ce qu'une image fasse sens. Les doigts plongent, et parfois jusqu'au coude la couleur me tatoue. J'ai retroussé les manches... le labeur du corps qui a à dire.

D'autres fois je peins des écritures musicales, dessine des correspondances dans le paysage, au fusain.

Mais toujours je garde lien dans mon courrier imaginaire et toujours je guette le geste et l'acte de peinture.

                 Le site de Pascaline BOURA ici

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                      LE HUBLOT DU 01.05.2026
                     LE HUBLOT DU 08.05.2026


11.4.26

Armelle TROUCHE du 17 avril au 1er mai 2026

Armelle Trouche est une artiste en mouvement. C'est le propre d'une vitalité créatrice qui jamais ne se coupe du monde et qui désire y tisser des liens, y faire résonner des échos, y éclairer des correspondances.

(…)

De la miniature au grand voile - à la Grand Voile sur la mer immortelle - des petits cailloux et des îles minuscules aux cartes murales, des taches naturelles aux contours advenus de main humaine, Armelle Trouche cherche et parvient à lancer le mouvement de son œuvre : des nuages et des nuées, des trains et des paysages qui défilent et se longent mutuellement, des nuances enfin dont notre monde a besoin plus que jamais.

Son œuvre, toujours en essor, épouse ainsi le mouvement du monde, manifeste et cultive les puissances vitales de la nuance, là où résister rime avec contempler, animer, éclairer.   

Laure Léveillé
 (extrait)



                    Le site de Armelle TROUCHE ici
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                      Le HUBLOT du 17.04.2026
                      Le HUBLOT du 24.04.2026


28.3.26

Marion BOCQUET-APPEL du 03 au 17 avril 2026


Sculptrice, enseignante et chercheure à La Cambre et à l'ULB, Marion Bocquet-Appel travaille la terre comme matière vivante, porteuse de formes, de territoires et de mémoires. 

Entre objet et installation, ses œuvres articulent les savoir-faire acquis au fil de ses traversées géographiques pour composer des espaces narratifs où le corps, l'histoire et le geste se rencontrent. 

À la frontière de l'art et de l'artisanat, elle interroge le statut de l'objet sculpté et de celui qui le fait.



Le site de Marion BOCQUET-APPEL ici
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Le HUBLOT du 03.04.2026
Le HUBLOT du 10.04.2026





13.3.26

Lou LE CABELLEC du 20 mars au 03 avril 2026

Le dessin est l'écriture primitive. 

Le dessin est présence. 

Comme un acte inaugural et de résistance, cherchant à révéler une essence pure, sans figuration ou représentation au sens propre du mot. 

Cette quête de l'abstraction vise à établir des passages secrets entre les désirs. Ce processus invite à une immersion dans la danse fragile entre présence et absence, où l'absence elle-même surgit comme une autre présence.

Le dialogue avec la matière est décrit comme un son qui interroge les mouvements fugaces de la pensée et du cœur.

À travers cette exploration, chaque symbole dans le dessin résonne comme un cri vibrant, affirmant la vitalité et la liberté du soi. 

L'expérience des choses se tisse dans un réseau de constellations linguistiques, et chaque rencontre accidentelle devient un enseignement. (Paréidolie). Cette dynamique existe entre l'immanence et la transcendance, posant ainsi la question de l'engagement personnel et de la vulnérabilité dans le processus créatif.

Enfin, ici la magie et la poésie qui émergent de ce processus artistique, où les formes s'ouvrent à la lumière et au vide, permettent une perception sans description explicite. Il souligne le défi d'être simultanément acteur et support dans la création, cultivant une poésie vivante qui éclaire notre existence à travers ses nuances infinies. Convoquant l'art à définir les réalités existantes comme des quêtes et à célébrer l'indicible dans un espace d'émerveillement constant. 



                  Le site de Lou LE CABELLEC ici

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                      Le HUBLOT du 20.03.2026
                      Le HUBLOT du 27.03.2026


28.2.26

Henri WROBEL du 06 au 20 mars 2026


Issu d’une famille d’artistes, Henri Wrobel Farre trouve très tôt dans le dessin un refuge et un espace d’émancipation. Adolescent, il pratique la peinture acrylique avant de rompre brutalement avec cette activité à l’âge de vingt ans, détruisant l’ensemble de sa production.

Devenu travailleur social, il accompagne pendant plusieurs années des personnes mises en marge de la société. Cette expérience transforme durablement son regard sur l’humain. En 2018, la coanimation d’un atelier d’aquarelle dans un foyer marque un retour décisif à la peinture.


D’abord centrés presque exclusivement sur le visage, ses portraits intègrent désormais de plus en plus le corps. Les figures occupent la majeure partie de la surface, jusqu’à donner l’impression de sortir du cadre. Elles émergent du tableau, portées par des champs de couleur et de matière qui prolongent, par d’autres teintes, le rythme du geste.


Son travail s’inscrit dans la durée. Les peintures vinyliques se construisent par accumulation progressive de matière. Les surfaces deviennent épaisses, rugueuses, traversées d’aspérités et de reliefs marqués, donnant à la peinture une dimension presque organique, comparable à une peau travaillée dans le temps.


Sur papier, le processus, les œuvres sont reprises, retravaillées, parfois malmenées jusqu’à ce que le support se dégrade. La feuille s’abîme au fil des séances, se délabrant parfois jusqu’à être trouée. Ces altérations sont la trace visible du temps de travail et de l’insistance du geste.


Son travail cherche la confrontation. Chaque pièce agit comme une présence, capable de troubler, de déplacer le regard et de faire surgir une émotion brute. Les œuvres conservent la mémoire du temps passé à les construire, comme des témoignages sensibles laissés à l’expérience du spectateur.


                    Le site de Henri WROBEL ici

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                      Le HUBLOT du 06.03.2026
                      Le HUBLOT du 13.03.2026



13.2.26

Typhaine LE BARS du 20 février au 06 mars 2026

Fragments dintensité 

 

Dans un instant suspendu, 

surgit parfois

inattendue,

la beauté du monde qui mentoure.

 

Je fabrique ma gouache

à partir de pigments

à la recherche de la couleur

qui me prend par le col, magrippe

la chemise

et ne me lâche pas. 

 

Certains moments de vie simbriquent 

dans mes peintures.

je peins avec impatience, 

dans la crainte quils ne s’échappent.

 

Les personnages imaginaires,

je les côtoie dans mes rencontres.

 

Territoire de lintime

spectacles au sein desquels se croisent 

des regards amusés, 

complices, 

inquiétants.


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                        Le HUBLOT du 20.02.2026
                                                              Le HUBLOT du 27.02.2026