24.6.24

Mohamed AKSOUH du 28 juin au 12 juillet 2024

Aksouh appartient à la « génération des années 30 » qui, sur le sol immémorial d’une abstraction commune aux expressions berbères et arabes, cristallise au long des années 50 la modernité picturale en Algérie.

[…]

Parmi le pays pur des formes et des couleurs Aksouh va s’engager, à partir de sa densité méditerranéenne, dans l’exploration non-figurative de la lumière même. Son itinéraire semble commencer au bord des rivages familiers, des lueurs qui traversent leurs profondeurs d’émeraude […]. Puis sa peinture, au long des années 70, ouvre le champ du regard, dans une autre distance le fait accommoder au beau milieu du jour sur le tissu sans faille du visible. 

[…]

Univers d’affleurements, mosaïques à demi-effacées, strates de pierres se levant du fond d’anciens murs, cailloux ou galets sertis dans la poussière des chemins comme dans les marbrures de la vague : aucun titre ne vient enfermer la vision, la peinture d’Aksouh jamais n’identifie les lieux du monde dont elle se trouve comme accueillir obliquement la rumeur.

 

AKSOUH, le nacre de l’être [Extrait de] / Michel-Georges Bernard




Le wikipédia de Mohamed AKSOUH ici



       Actuellement au Musée d'Art Moderne, une oeuvre de Mohamed AKSOUH 

  est présentée au sein de l'exposition collective



Et bientôt Galerie CONVERGENCES


                                                                         
                      Son HUBLOT du 28.06.2024
                      Son HUBLOT du 05.07.2024

7.6.24

Isabel AGUERA du 14 au 28 juin 2024

Isabel Aguera, diplômée de l’Ecole nationale des Beaux-arts de Paris, peint depuis plus de trente ans. Son travail ayant attiré rapidement l’œil de collectionneurs et d’agents étrangers, ses œuvres voyagent à travers le monde entier et sont présentées dans de nombreuses foires et galeries hors de nos frontières. Dès lors, elle se consacre entièrement à sa pratique artistique et se nourrit de nombreux voyages, ayant une prédilection pour cette Babylone contemporaine qu’est New-York où elle se mêle au foisonnement des différentes scènes artistiques underground. La ligne de front entre réel et imagination est souvent à l’ouvrage dans le travail d’Isabel Aguera d’où un élément figuratif central qui, de son propre aveu, lui permet de garder prise avec la réalité première qui est donnée à voir à notre rétine. De cet élément, un bouillonnement sans contraintes emprunte alors une route constituée de hasards et d’accidents afin de faire jaillir un langage pictural hors des contrées balisées du langage et de la narration. Durant l’acte de création nait alors une peinture qui se raconte autant qu’elle conte. 

Investiguant les territoires de sa mémoire, prospectant des univers fantasmés où l’invention et la découverte de nouvelles écritures est le moteur, Isabel Aguera conserve toujours comme fil d’Ariane dans sa démarche plastique la composition ; l’agencement de chacune de ses œuvres découlant d’un travail préparatoire constitué d’innombrables esquisses et croquis où le geste est guidé par le désir d’un trait qui se suffirait à lui-même, presque déconnecté de toute pensée, où peinture et écriture se côtoient. De ces épreuves, telle une œuvre architecturale les fondements étant alors posés pour le basculement créatif nécessaire à la réalisation de ses toiles. Loin de s’enfermer dans un processus de création balisé et routinier, Isabel Aguera s’astreint à repousser toute zone de confort qui ampute souvent les régénérations et possibles mutations, cherchant ainsi à se réinventer en prospectant des territoires propices à de nouvelles écritures... De celles-ci naissant souvent la liberté, cette dynamique nécessaire à l’exploration où les chemins de traverses et les prises de risques sont constants. Ne se souciant pas du regard du spectateur ni du résultat, le trajet qui amène à l’œuvre est aussi important que l’œuvre achevée elle-même.    

                                                                                                    Romain'Grieco'ANTHROPART 


                     Le site de Isabel AGUERA ici
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                     Son HUBLOT du 14 juin 2024
                    Son HUBLOT du 21 juin 2024


24.5.24

Guillaine QUERRIEN du 31 mai au 14 juin 2024


Ce qui m'émeut dans un dessin de paysage, ce sont les traces indescriptibles, indicibles et pratiquement invisibles, de mon rapport à l'espace dessiné à cet instant là. L'état de captation dans lequel je suis, l'étonnement d'une lumière, un reflet, une posture, un bruissement, dans un lieu avec lequel j'ai une relation très intime, mais qui me surprend toujours. Une manière de se perdre totalement dans la perception, en laissant de côté la représentation. C'est là que reproduire, ou même utiliser ces dessins que l'on appelle parfois préparatoires, devient si difficile.

A l'atelier, comment retrouver cette émotion-là, cette immersion qui permet de "lâcher" en gardant pourtant une certaine complexité des formes, une construction d'espace, une limpidité des couleurs ? Sans doute le rapport à la "matière peinture" prend-il le relais, créant l'étonnement, la conversation et même souvent la lutte, qui finalement fera que l'œuvre gardera quelque-chose de ce "vivant" là. Une petite trace de ce rapport au monde.


Le site de Guillaine QUERRIEN ici
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Son HUBLOT du 31.05.2024
Son HUBLOT du 07.06.2024


9.5.24

Marcela D'ORTENZIO du 17 au 31 mai 2024

 Ne pas les déranger. Ils sont éclairés d’une lumière infime, en clair-obscur, à peine dans la pénombre peut-on les discerner. Une dormeuse, un dormeur, deux intranquilles apaisés, des silhouettes que l’on devine « presque ». Rien n’est appuyé ou vraiment défini, en suspension comme flottant dans l’espace. De dos accroupi,  « il » semble téléphoner. On pourrait entendre le murmure d’une voix. Nous sommes là et nous n’y sommes pas. Et lorsque le corps se dévoile c’est avec pudeur et sans fard. Cela demeure un mystère, celui de cette peinture intense et silencieuse, absente de dissonance, accordant pérennité au peu, au presque rien d’un instant vécu, condamné à l’enfouissement ou la dilution : une peinture rythmée par le sentiment et l’émotion.

De tailles modestes et de formats carrés, peintes sur bois et de tons chauds pour mieux diffuser la lumière et laisser entrevoir la chose à voir juste esquissée, comme un effleurement, les œuvres de Marcela D’Ortenzio ont ce petit « quelque chose » d’un journal intime; ce sont des fragments de réminiscences, des confidences où l’intime se love dans le rêve éveillé, un entre deux de la conscience et de la perception. Devant leur grande délicatesse et leur sincérité non feinte, la discrétion devient évidence. Par la subtilité de leur lumière ne distinguant pas le diurne du nocturne, une écriture sobre, économe de tons, un classicisme formel élégant renforcé par l’utilisation du bois comme support et du petit format « on » pourrait un temps apparenter ces œuvres, indirectement, à celles de la peinture néerlandaise et même de celles des terres scandinaves du grand nord de l’Europe. Mais les réduire à un seul champ pictural serait néanmoins omettre leur singularité et la singularité de cette artiste « déracinée volontaire » de son pays de naissance l’Argentine « vraie fausse sœur jumelle » de notre vieille Europe, leur ajoutant une dimension onirique et allégorique, très narrative et évocatrice propre à la culture latino-américaine où le rêve déborde souvent le réel assombri de nombreuses blessures et drames, abolissant les frontières très cartésiennes du corps et de l’âme, du sensuel et du spirituel, d’Eros et Thanatos. « Mes temps intérieurs sont longs » dit-elle souvent dans un sourire. L’aspiration d’une conscience déterminée, au voyage au grand voyage, celui de l’éveil. Et sans aucun doute de l’éveil Artistique. Cela fait trente-cinq ans que Marcela D’Ortenzio vit en France, arrivée un jour heureux d’Août 1989. Architecte diplômée de la Faculté de Buenos Aires, elle a toujours peint, exprimant ainsi sa très grande sensibilité et la richesse de son monde intérieur de « l’entre deux cultures » et de ce « temps long » précieux pour elle correspondant si bien à cette discipline artistique difficile et exigeante. Puis ce désir de peindre devint plus rare, se mit  en retrait progressivement comme un effacement muet.

Elles étaient là, soigneusement posées dans l’atelier, attendant patiemment  d’être  réveillées et peut-être juste leur éveil. Il fallait les montrer et les voir enfin. Une première fois. Parce que talentueuses et incarnées. Et pour ne pas regretter. Le temps passe vite et s’écoule lentement «  on vieillit, on vieillit » écrivait le poète Mathieu Bénézet*; quoi faire après ? Ouvrir une fenêtre, s’émerveiller à nouveau de la beauté simple des choses. Un éclat de lumière égaré, les reflets du ciel, le bruissement des feuilles, la fragilité d’une fleur et la grâce du chat alangui profitant du soleil. S’apaiser, se reposer et peut-être s’assoupir. Redevenir invisible. Attendre l’esquisse. Espérer l’ébauche. Pour retrouver l’élan de l’insouciance, la flamme, la lumière intérieure. Et poursuivre le voyage, celui de la peinture.

«  Il n’y a que deux conduites avec la vie : ou on la rêve ou on l’accomplit » René Char 

( Eloge d’une soupçonnée)

Pour Marcela 

Denis MARTIN Avril  2024

 *Préau des Collines N° 10


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                      Son HUBLOT du 17.05.2024
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