9.5.25

Corinne JULLIEN du 16 au 30 mai 2025

Corinne Jullien travaille instinctivement à partir de la couleur et de cette spontanéité nait des formes. C’est un processus très automatique qui peut rappeler l’expressionnisme abstrait, c’est une énergie pure en action, des rythmes figuratifs apparaissent comme des patterns. 

Ces formes récurrentes sont comme des archétypes qui émergent de l’inconscient, ce sont souvent des modèles primitifs, des symboles. 

Cette manière de faire qui allie spontanéité et motifs rappelle les origines de la création : au début était le chaos, puis un ordre se mit en place. On est dans ce travail à la source de l’humanité : le ciel, la terre, puis viennent les éléments : la nature, les bêtes, les éléments, les abris. 
Tout est dans ses œuvres à l’état primordial qui est aussi celui de l’enfance.  
C’est ce qui permet aux contes d’êtres universels. L’histoire se révèle sous nos yeux car la peinture est un langage. 

C’est en regardant ses œuvres que tout un chacun trouve matière à correspondances, à narrations et à rêveries exponentielles. Sa peinture est sans fin, elle s’accorde avec l’infini de notre imagination.

Ce qui se raconte dans chacune des pièces de Corinne Jullien est une représentation composée de strates comme un mille feuilles. En extrapolant, ses œuvres peuvent s’apparenter au test de Rorschach, elles sollicitent la sensibilité et l’inconscient du visiteur.

L’interprétation de ses toiles et des œuvres sur papier en révèle plus sur le regardeur qui les commente que sur la peintre elle-même.  

De ses peintures émergent des éléments grossis ou réduits comme nous les fournissent les rêves ou les fantasmes. Des rencontres ahurissantes se produisent. Le rêve est l’expression d’un désir, soit clair, soit dissimulé. Désirs de fuite, désir d’échapper à un piège, désir de rencontre. Nos désirs masqués se situent à la limite de la figuration et travaillent notre mémoire, nos souvenirs. Souvenirs réels ou faux souvenirs, l’esprit reconstruit le passé, l’imagine parfois.

Le travail de Corinne Jullien, y compris dans les titres de ses œuvres, exprime des ambivalences : une lutte entre le bien et le mal, entre la cruauté et une impression enfantine et joyeuse, entre le presque figuratif et le presque abstrait. C’est une pulsion de création, comme si la peinture était la vie, mais une vie plus prégnante et plus intrépide que l’autre.


Extrait du texte de Laurent Quénéhen, critique d'art, commissaire d'exposition, 

             écrit à l'occasion de l'exposition Figure augmentée, galerie Le Trapèze. 2024.


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                      Le HUBLOT du 16.05.2025
                      Le HUBLOT du 23.05.2025




25.4.25

Nadia TOUAMI du 02 au 16 mai 2025

Nadia Aksouh est née en 1974 à Paris. Suite à des études universitaires dans le domaine cinématographique, elle entame une carrière de monteuse pour la télévision. Et depuis plus de vingt ans, en parallèle, elle se consacre à la peinture, sous le nom de Nadia Touami. 

Après des essais dans différents domaines tels que l’aquarelle et la peinture à l’huile, elle trouve un médium approprié, afin de se créer un univers non figuratif. L’usage de la peinture blanche et de l’encre de chine sur papier kraft ou sur toile donne un caractère résolument graphique à son travail. 

Au lendemain d’une première exposition personnelle en 2003 à la Galerie Mireille Batut d’Haussy à Paris, Nadia Touami participe à diverses expositions collectives et individuelles. Depuis 2004, elle expose régulièrement au Salon des Réalités Nouvelles et obtient le prix Marin en 2007 et 2014. 


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                      Le HUBLOT du 02.05.2025
                      Le HUBLOT du 09.05.2025












12.4.25

Delphine MONNEREAU du 18 avril au 02 mai 2025

 « You’re wearing a mask / You look better that way » *

 On ne cache pas son visage derrière un masque, on le réduit à son essence : le regard. Nous regardons à travers le masque mais lui-même, une fois posé sur une table ou accroché au mur, ne cesse jamais de nous observer. C’est alors qu’apparait, de manière paradoxale, le vrai visage du masque. Celui de notre étrangeté.   

 

La peau n’est plus que matière, minéraux, terre et verre réunis par la fusion du feu. L’humain, enfin, se soude à la véritable nature du monde, l’épouse, devenant à son tour sédiment, coquille, carapace, moulage laissé par la lave.  

 

L’être humain masqué se souvient de lui-même. Souvenir confus, comme rêvé, d’ancêtres face à leur peur primitive, conjurée par le Rite. Ancêtres encore en nous, par la trace de leurs mains sur la paroi des grottes, par la peinture de leurs visages – tout ce qui pourra les aider à affirmer leur existence face aux éléments que manipulent des divinités hostiles, dont il faut se protéger par des leurres, des mythes, des masques grimaçants. Les aurochs et les tigres ne s’attaqueront pas aux hommes masqués, aux hommes désormais symboliques, qui bientôt s’affubleront des masques d’animaux et gagnerons, du moins le croyaient-ils, le combat de l’animalité. 

 

Masque masquant.  

Masque révélant. 

Masque démasquant. 

 

« You’re wearing a mask / Wich mask are you ? »


*Iggy Pop (Mask)

 

Milan Dargent (Extrait)






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                      Le HUBLOT du 18.04.2025


28.3.25

Laure DJOURADO du 04 au 18 avril 2025

Inspirée de photos personnelles et de documents d’archives empruntés à la presse, à l’histoire de l’art et de l'architecture, Laure Djourado recompose une réalité-fictive en laissant une place à l’arbitraire. 

« Laure Djourado explore le contour de nos postures et de nos impostures, les jeux de rôle, les jeux de regards, les jeux de miroir jusqu’à questionner notre besoin de validation, notre narcissisme. Elle fracture les séquences de l’été pour nous donner à voir tout ce qui les compose ou les décompose.

L’époque regorge de nouveaux Narcisses, intimité offerte et selfies à la pelle, mise en scène de nos vies et poison de la comparaison. Laure interroge la façon dont on se dévoile, la conscience du regard de l’autre, la tyrannie de l’apparence. Elle met en abyme les regards croisés, personnifie les objets qui deviennent des acteurs ou des spectateurs. Depuis toujours, elle est fascinée par l’impudeur affichée au bord des piscines, sur les plages, dans la langueur du sud. Elle observe les corps dans la lumière de l’été, le bleu miroitant des piscines, l’azur éclatant des ciels de la Riviera, les reflets scintillants de l’eau, la clarté éblouissante.

Derrière les façades, il y a les peaux nues et sensuelles, offertes, les corps qui prennent la pause et le soleil, s’exposent, les nageurs qui se prétendent indifférents et libres. Irrévérencieuse, l’artiste se joue des codes classiques et n’aime rien tant que les surfaces, les lignes, la géométrie, rémanence heureuse de sa formation d’architecte. Elle nous offre ainsi un miroir façon période bleue. Le bleu qui déshabille, qui écrase tout comme la chaleur d’été, couleur barbare pour les Romains, monochrome opulent pour les peintres modernes, promesse de beauté nécessaire à l’humanité. »

Elisabeth Cadoche


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Laure DJOURADO participera à l'exposition collective 
AMOURS VI galerie Espace temps  98 rue Quincampoix 75003
 du 09 au 13 avril 2025

Le HUBLOT du 04.04.2025
Le HUBLOT du 11.04.2025