24.5.25

Ramzi GHOTBALDIN du 30 mai au 13 juin 2025

Ramzi Ghotbaldin est né en 1955 à Khanaqin, entre le Kurdistan iranien et le Kurdistan irakien, dans une famille de photographes. 

Très jeune, il participe aux activités du studio familial et cet univers l’oriente naturellement vers l’École des Beaux-Arts. Il obtiendra son diplôme en 1975, section graphisme/gravure. 

De 1982 à 1990, il s’engage dans la résistance kurde. En 1988, après le gazage du Kurdistan irakien, il part vivre au Kurdistan iranien. Il y fera ses premières expositions. 

C’est en 1990 qu’il est invité à Paris à l’occasion d’une exposition d’artistes kurdes. Il obtiendra l’asile politique et la nationalité française quelques années plus tard. 

Cette double appartenance détermine la singularité de son univers. Son Œuvre se situe au croisement de l’observation, du souvenir et du rêve, aux confins de la mémoire et de l’imaginaire. 

Arrivé en France il y a plus de 30 ans, Ramzi Ghotbaldin âgé aujourd’hui de bientôt 70 ans, en pleine maturité, traduit dans une synthèse généreuse, une richesse intérieure et un regard émerveillé sur son environnement. 

Il vit et travaille à Paris. Depuis 1996, il expose régulièrement à Paris, en province mais aussi en Belgique, au Kurdistan et à Sofia.


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                      Le HUBLOT du 30.05.2025
                     Le HUBLOT du 06.06.2025



9.5.25

Corinne JULLIEN du 16 au 30 mai 2025

Corinne Jullien travaille instinctivement à partir de la couleur et de cette spontanéité nait des formes. C’est un processus très automatique qui peut rappeler l’expressionnisme abstrait, c’est une énergie pure en action, des rythmes figuratifs apparaissent comme des patterns. 

Ces formes récurrentes sont comme des archétypes qui émergent de l’inconscient, ce sont souvent des modèles primitifs, des symboles. 

Cette manière de faire qui allie spontanéité et motifs rappelle les origines de la création : au début était le chaos, puis un ordre se mit en place. On est dans ce travail à la source de l’humanité : le ciel, la terre, puis viennent les éléments : la nature, les bêtes, les éléments, les abris. 
Tout est dans ses œuvres à l’état primordial qui est aussi celui de l’enfance.  
C’est ce qui permet aux contes d’êtres universels. L’histoire se révèle sous nos yeux car la peinture est un langage. 

C’est en regardant ses œuvres que tout un chacun trouve matière à correspondances, à narrations et à rêveries exponentielles. Sa peinture est sans fin, elle s’accorde avec l’infini de notre imagination.

Ce qui se raconte dans chacune des pièces de Corinne Jullien est une représentation composée de strates comme un mille feuilles. En extrapolant, ses œuvres peuvent s’apparenter au test de Rorschach, elles sollicitent la sensibilité et l’inconscient du visiteur.

L’interprétation de ses toiles et des œuvres sur papier en révèle plus sur le regardeur qui les commente que sur la peintre elle-même.  

De ses peintures émergent des éléments grossis ou réduits comme nous les fournissent les rêves ou les fantasmes. Des rencontres ahurissantes se produisent. Le rêve est l’expression d’un désir, soit clair, soit dissimulé. Désirs de fuite, désir d’échapper à un piège, désir de rencontre. Nos désirs masqués se situent à la limite de la figuration et travaillent notre mémoire, nos souvenirs. Souvenirs réels ou faux souvenirs, l’esprit reconstruit le passé, l’imagine parfois.

Le travail de Corinne Jullien, y compris dans les titres de ses œuvres, exprime des ambivalences : une lutte entre le bien et le mal, entre la cruauté et une impression enfantine et joyeuse, entre le presque figuratif et le presque abstrait. C’est une pulsion de création, comme si la peinture était la vie, mais une vie plus prégnante et plus intrépide que l’autre.


Extrait du texte de Laurent Quénéhen, critique d'art, commissaire d'exposition, 

             écrit à l'occasion de l'exposition Figure augmentée, galerie Le Trapèze. 2024.


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                      Le HUBLOT du 16.05.2025
                      Le HUBLOT du 23.05.2025




25.4.25

Nadia TOUAMI du 02 au 16 mai 2025

Nadia Aksouh est née en 1974 à Paris. Suite à des études universitaires dans le domaine cinématographique, elle entame une carrière de monteuse pour la télévision. Et depuis plus de vingt ans, en parallèle, elle se consacre à la peinture, sous le nom de Nadia Touami. 

Après des essais dans différents domaines tels que l’aquarelle et la peinture à l’huile, elle trouve un médium approprié, afin de se créer un univers non figuratif. L’usage de la peinture blanche et de l’encre de chine sur papier kraft ou sur toile donne un caractère résolument graphique à son travail. 

Au lendemain d’une première exposition personnelle en 2003 à la Galerie Mireille Batut d’Haussy à Paris, Nadia Touami participe à diverses expositions collectives et individuelles. Depuis 2004, elle expose régulièrement au Salon des Réalités Nouvelles et obtient le prix Marin en 2007 et 2014. 


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                      Le HUBLOT du 02.05.2025
                      Le HUBLOT du 09.05.2025












12.4.25

Delphine MONNEREAU du 18 avril au 02 mai 2025

 « You’re wearing a mask / You look better that way » *

 On ne cache pas son visage derrière un masque, on le réduit à son essence : le regard. Nous regardons à travers le masque mais lui-même, une fois posé sur une table ou accroché au mur, ne cesse jamais de nous observer. C’est alors qu’apparait, de manière paradoxale, le vrai visage du masque. Celui de notre étrangeté.   

 

La peau n’est plus que matière, minéraux, terre et verre réunis par la fusion du feu. L’humain, enfin, se soude à la véritable nature du monde, l’épouse, devenant à son tour sédiment, coquille, carapace, moulage laissé par la lave.  

 

L’être humain masqué se souvient de lui-même. Souvenir confus, comme rêvé, d’ancêtres face à leur peur primitive, conjurée par le Rite. Ancêtres encore en nous, par la trace de leurs mains sur la paroi des grottes, par la peinture de leurs visages – tout ce qui pourra les aider à affirmer leur existence face aux éléments que manipulent des divinités hostiles, dont il faut se protéger par des leurres, des mythes, des masques grimaçants. Les aurochs et les tigres ne s’attaqueront pas aux hommes masqués, aux hommes désormais symboliques, qui bientôt s’affubleront des masques d’animaux et gagnerons, du moins le croyaient-ils, le combat de l’animalité. 

 

Masque masquant.  

Masque révélant. 

Masque démasquant. 

 

« You’re wearing a mask / Wich mask are you ? »


*Iggy Pop (Mask)

 

Milan Dargent (Extrait)






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                      Le HUBLOT du 18.04.2025