28.3.26

Marion BOCQUET-APPEL du 03 au 17 avril 2026


Sculptrice, enseignante et chercheure à La Cambre et à l'ULB, Marion Bocquet-Appel travaille la terre comme matière vivante, porteuse de formes, de territoires et de mémoires. 

Entre objet et installation, ses œuvres articulent les savoir-faire acquis au fil de ses traversées géographiques pour composer des espaces narratifs où le corps, l'histoire et le geste se rencontrent. 

À la frontière de l'art et de l'artisanat, elle interroge le statut de l'objet sculpté et de celui qui le fait.



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13.3.26

Lou LE CABELLEC du 20 mars au 03 avril 2026

Le dessin est l'écriture primitive. 

Le dessin est présence. 

Comme un acte inaugural et de résistance, cherchant à révéler une essence pure, sans figuration ou représentation au sens propre du mot. 

Cette quête de l'abstraction vise à établir des passages secrets entre les désirs. Ce processus invite à une immersion dans la danse fragile entre présence et absence, où l'absence elle-même surgit comme une autre présence.

Le dialogue avec la matière est décrit comme un son qui interroge les mouvements fugaces de la pensée et du cœur.

À travers cette exploration, chaque symbole dans le dessin résonne comme un cri vibrant, affirmant la vitalité et la liberté du soi. 

L'expérience des choses se tisse dans un réseau de constellations linguistiques, et chaque rencontre accidentelle devient un enseignement. (Paréidolie). Cette dynamique existe entre l'immanence et la transcendance, posant ainsi la question de l'engagement personnel et de la vulnérabilité dans le processus créatif.

Enfin, ici la magie et la poésie qui émergent de ce processus artistique, où les formes s'ouvrent à la lumière et au vide, permettent une perception sans description explicite. Il souligne le défi d'être simultanément acteur et support dans la création, cultivant une poésie vivante qui éclaire notre existence à travers ses nuances infinies. Convoquant l'art à définir les réalités existantes comme des quêtes et à célébrer l'indicible dans un espace d'émerveillement constant. 



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                      Le HUBLOT du 20.03.2026


28.2.26

Henri WROBEL du 06 au 20 mars 2026


Issu d’une famille d’artistes, Henri Wrobel Farre trouve très tôt dans le dessin un refuge et un espace d’émancipation. Adolescent, il pratique la peinture acrylique avant de rompre brutalement avec cette activité à l’âge de vingt ans, détruisant l’ensemble de sa production.

Devenu travailleur social, il accompagne pendant plusieurs années des personnes mises en marge de la société. Cette expérience transforme durablement son regard sur l’humain. En 2018, la coanimation d’un atelier d’aquarelle dans un foyer marque un retour décisif à la peinture.


D’abord centrés presque exclusivement sur le visage, ses portraits intègrent désormais de plus en plus le corps. Les figures occupent la majeure partie de la surface, jusqu’à donner l’impression de sortir du cadre. Elles émergent du tableau, portées par des champs de couleur et de matière qui prolongent, par d’autres teintes, le rythme du geste.


Son travail s’inscrit dans la durée. Les peintures vinyliques se construisent par accumulation progressive de matière. Les surfaces deviennent épaisses, rugueuses, traversées d’aspérités et de reliefs marqués, donnant à la peinture une dimension presque organique, comparable à une peau travaillée dans le temps.


Sur papier, le processus, les œuvres sont reprises, retravaillées, parfois malmenées jusqu’à ce que le support se dégrade. La feuille s’abîme au fil des séances, se délabrant parfois jusqu’à être trouée. Ces altérations sont la trace visible du temps de travail et de l’insistance du geste.


Son travail cherche la confrontation. Chaque pièce agit comme une présence, capable de troubler, de déplacer le regard et de faire surgir une émotion brute. Les œuvres conservent la mémoire du temps passé à les construire, comme des témoignages sensibles laissés à l’expérience du spectateur.


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                      Le HUBLOT du 06.03.2026
                      Le HUBLOT du 13.03.2026



13.2.26

Typhaine LE BARS du 20 février au 06 mars 2026

Fragments dintensité 

 

Dans un instant suspendu, 

surgit parfois

inattendue,

la beauté du monde qui mentoure.

 

Je fabrique ma gouache

à partir de pigments

à la recherche de la couleur

qui me prend par le col, magrippe

la chemise

et ne me lâche pas. 

 

Certains moments de vie simbriquent 

dans mes peintures.

je peins avec impatience, 

dans la crainte quils ne s’échappent.

 

Les personnages imaginaires,

je les côtoie dans mes rencontres.

 

Territoire de lintime

spectacles au sein desquels se croisent 

des regards amusés, 

complices, 

inquiétants.


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                        Le HUBLOT du 20.02.2026
                                                              Le HUBLOT du 27.02.2026




30.1.26

Laure MAUCERI du 06 au 20 février 2026

Ses arbres sont des nuées de songes. Des fourmillements de feuilles condensés en nébulosités blêmes se chevauchant telle une explosion de sable. Pas d'espace libre, ce sont des entités, des massifs impénétrables, mais ils se découpent, ils respirent, on aperçoit des fractures, des déchirures sombres dans la dentelle des dômes... Le noir n'est pas noir, il est habité. Des milliers de feuilles assemblées pièce à pièce comme pour n'en oublier aucune, et qui forment des moutonnements cernés d'ombre s'étageant en volutes de fumée blanche s'élevant du bas (il n'y a pas vraiment de sol) vers le haut (y a-t-il un ciel ? Vide à première vue), bourgeonnant des troncs rarement visibles aussi, mais de moins en moins, sous la densité des feuillages "pommelés", en apesanteur, suspendus. Quelque chose a explosé. Quelque chose (une présence) s'élève, sans appui, se déploie comme à flanc de coteau, les arbres poussant sur les arbres, des arbres à lianes, une féérie de frênes, d'acacias, presque irréels, tant ils sont profus, témoignant d'un regard acéré, consciencieux, d'une concentration de trait vertigineuse, par qui voit ce que l'on ne peut pas voir. L'infiniment petit et l'infiniment grand, en ménageant çà et là des trouées salutaires, des respirations. Ses lianes coulent comme des cordes, parfois entremêlées, en faisceaux, si fines et déliées qu'on les saisirait bien, comme les chasseurs de miel au Népal, ou de nids d'hirondelles, munis de leurs longues perches de bambous, les "chasseurs d'éternel", les "chasseurs des ténèbres". On se perd dans les ombres, les masses denses et cotonneuses, enchevêtrées, que ces filaments, ces clématites allègent, à moins que ce ne soit du chèvrefeuille sauvage, des ronces, dit-elle, peu importe, des larmes d'oiseau, comme on nomme les feuilles pennées des frênes, précises et vivantes.

Des flambées d'arbres, des extraits de paysage, des arbres immenses dont on se demande d'où ils sortent, s'ils sont réels ou imaginaires, le dessin est toujours réel, mais on le croit parfois imaginaire, et seul l'artiste connaît ces lieux insolites, peut-être sujets aux inondations, car on trouve aussi des arbres immergés dans un paysage de désolation (une étrange lune rousse se reflète et s'enfonce dans l'eau), elle seule sait où elle est, où elle va, ses itinéraires secrets, nous restons, nous, perdus, désemparés, émerveillés, dépassés, comme devant la grâce et l'humilité […].

Extrait de Hors temps par Frédéric Dambreville 

@lauremauceri expose actuellement, et ce jusqu’au 24 février, en duo avec le peintre @freddambreville                  Galerie Atsikal, 90 rue d’Assas 75006 Paris.


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                      Le HUBLOT du 06.02.2026
                      Le HUBLOT du 13.02.2026


                    

16.1.26

Nicole ALBERTINI du 23 janvier au 06 février 2026

Contemporains, mon travail et celui des sculpteurs qui dressèrent les pierres vers le ciel, des grecs qui habillèrent un morceau de bois, de celui qui cisela les cheveux de pierre de Marie Madeleine… Anachronique est le contemporain ! Je tente à partir de cette position non pas une forme dans l’espace, mais de vivifier l’espace arraché à l’oubli de mes mains. A l’oubli de quoi ? Personne ne s’en souvient.  

Il faut sculpter, c’est à dire ne pas oublier, « les fleurs ne rencontrent pas la mort, et ce qui sera simple promesse » Ossip Mandelstam.
 
Ainsi, les sculptures donnent à voir dans leur apparaître, au-delà même de leur forme, le geste qui les fit venir. Un « geste revenu » … Une maîtrise à ce temps-là ne serait qu’un leurre, un savoir acquis, une trahison. Non, ce sifflement entre mes doigts rend présent une mémoire, pas tout à fait la mienne, ou, je m’interroge, la mienne en ce qu’elle pourrait être liée à un immémorial de la sculpture comme telle ?

Dans mon travail, toujours est en question ce qu’est la sculpture, de l’invisible avec lequel le dialogue se fait pendant le geste de sculpter, la forme vient ou revient. Ainsi je me demande, la sculpture garde-t-elle trace de ce qu’elle fut aux temps anciens comme cet appel à la venue du divin, ce lien entre les vivants et les morts ? Et comment un sculpteur aujourd’hui peut-il donner accueil, dans une forme, à ces traces devenues invisibles à notre modernité ? 


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                      Le HUBLOT du 23.01.2026
                       Le HUBLOT du 30.01.2026



2.1.26

Laurent CHABOT du 09 au 23 janvier 2026

Laurent Chabot, plasticien, poète et photographe est entré en peinture comme on entre en religion, son parcours est une quête sans fin qu'il achemine sans précipitation, avec ferveur et foi. En effet qu'advient-il quand le soleil "noir" s'empare totalement d'un être ? Or le soleil de Laurent Chabot est jaune sans que l'on y décèle une quelconque obsession ni une quelconque aliénation. Le jaune est la couleur que Laurent Chabot a choisie depuis qu'il a commencé à peindre. Cette couleur s'est alors étendue à d'autres médiums (le dessin, la photographie). C'est sa signature, sans faiblesse, ni répétition. "Je suis loin d'avoir fini cette prospection" nous confie-t-il.

La question, c'est de comprendre où se situe le tracé du travail graphique. Avant la pose du jaune ? Après ? Magie alléchante qui dans sa série de "Portraits" nous entraîne dans le processus de la révélation, tout comme dans celui de l'apparition dans ses séries de peintures. Est-ce l'aube ? Est-ce le crépuscule ? Le présent passé ? Le futur ? La très grande douceur d'un Millet ? La froideur d'un déluge astral ? Une "nuit Américaine" ? (Technique cinématographique où un filtre est utilisé). À ce propos Laurent Chabot n'a-t-il pas écrit "En plein jour c'est la nuit que le soleil éclaire" ? Ce sont tous ces possibles qui font osciller l'œuvre de Laurent Chabot entre classicisme maîtrisé et modernité. Aucune brutalité néanmoins dans le travail de Laurent Chabot, si ce n'est ce cheminement incessant de l'œil à l'âme.

Sylvie Reymond-Lépine

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                     Le HUBLOT du 09.01.2026
                     Le HUBLOT du 16.01.2026