22.11.24

Frédéric DAMBREVILLE du 29 novembre au 13 décembre 2024

« Esthétique de la résistance »

Ma peinture est indissolublement liée à mon écriture. Et, pourrais-je dire, à mon engagement éducatif. Travaillant avec des enfants, j’ai peint des enfants... Et lorsque j’ai entrepris, il y a longtemps, très longtemps, des recherches sur ma famille, j’ai peint des « portraits de famille », au pastel à l’huile, et en grand format, à partir de documents d’archives que j’ai découverts et réinterprétés. Au même moment, je peignais de grandes toiles abstraites inspirées de l’action-painting. Parallèlement à l’écriture du livre Les Disparus de Gatti de Gamond, qui m’a pris 13 ans de recherche et d’élaboration, j’ai pratiqué la gravure sur cuivre à la pointe sèche, dans des formats de plus en plus importants, sur le motif des ronces que j’ai peintes à Bruxelles, d’abord au pastel, en privilégiant les masses et la couleur, puis avec des pointes de carreleur pour graver plus profond et avoir de « beaux noirs », en concentrant mon trait sur le contour et la forme, de manière pratiquement abstraite, m’efforçant de conserver le mouvement de la plante, sans possibilité de repentir. 

Frédéric Dambreville, novembre 2024

En regardant Théodore Rousseau

A  L M. (en souvenir de l’exposition « La voix de la forêt »)

Je ne cesse de construire et déconstruire le paysage au second plan, inspiré de Théodore Rousseau, d’un de ses tableaux représentant une source, dans le département du Doubs (La Source de Lison, 1863).

Il y a comme un double hommage : à ce merveilleux peintre de paysages que j’admire depuis très longtemps, et au personnage féminin, contemporain, qu’on voit de dos, en train de contempler une peinture de Rousseau. Elle-même grande dessinatrice de paysages, et, en particulier, de masses forestières, d’arbres. 

C’est donc un hommage à la nature et à la peinture. Au portrait et au paysage. Au vivant.

Je ne cesse de reprendre à la fois le paysage et le personnage, même si ce ne sont que des « détails ». Tous deux se fondent dans la source, et notre regard est (ou doit être) le regard du personnage.

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                      Le HUBLOT du 29.11.2024
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10.11.24

Maurane CLOSIER du 15 au 29 novembre 2024

Maurane Closier est designer et céramiste.

Elle collabore avec des artistes, des manufactures, des galeries et des grandes marques, pour concevoir des objets de table, de décoration, ou des sculptures en série limitée.

Formée par Augusto Tozzola depuis 5 ans, elle pratique le tournage en céramique et a repris son atelier à Ivry sur Seine où elle forme professionnellement. 

Elle développe des séries de pièces en faïence rouge pour des commandes privées.

Les nuances sombres des émaux quelle utilise donnent à ses collections une profondeur particulière, et unifient les pièces dun paysage à la ligne simple, où lon voit apparaître et deviner la matière brute sous une surface brillante.

Maurane Closier cherche inlassablement et avec plaisir la beauté dun geste transmis et à transmettre, un geste qui prend forme avec patience, et justesse.


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25.10.24

Frédéric LÉGLISE du 01 au 15 novembre 2024

Les jeunes femmes de Frédéric Léglise fleurissent tels des motifs abstraits. Elles n’ont pas vraiment d’âge, ou plutôt elles sont éternellement jeunes, la bouche nacrée, la peau lisse et très souvent rose — rose qui n’est pas la couleur de la chair mais une couleur métaphorique, douce et lumineuse, comme s’il s’agissait de fleurs de lotus. L’artiste tire ce rose parfois vers le rouge (les corps prennent alors la teinte de sucres d’orge), parfois vers le blanc (comme une photographie surexposée). Dans les peintures les plus récentes, la peau devient brune, d’un brun qui dépasse le réalisme pour se transformer en enveloppe veloutée. Assis ou allongés, les corps s’épanouissent indépendamment du fond, traité avec des motifs géométriques (ceux du fauteuil) ou bien à la feuille d’or ou d’argent, comme une icône religieuse ou Pop, ou encore poudré de paillettes glamours. Ces peintures sont pourtant des portraits, la plupart ayant pour titre le nom du modèle — pas « modèle » au sens technique, mais la femme de l’artiste, des amies, des personnes rencontrées. Ce qui les distingue, ce sont les vêtements sophistiqués ou négligemment ouverts, la couleur des cheveux, l’arc des sourcils, l’expression. Mais les corps sont avant tout ces courbes lisses, caressées par les nuances de la peinture, mises en volume par la géométrie des étoffes soyeuses — expressions du plaisir visuel, de la plénitude sensuelle de la contemplation.

Anne Malherbe

Août 2020


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11.10.24

Edith LANDAU du 18 octobre au 01 novembre 2024

Pourquoi la photographie ?

J’ai découvert un appareil photo dans l’appartement de mes parents vers l’âge de 12 ans. 

La photographie est devenue alors l’outil d’expression qui m’accompagne encore aujourd’hui.

Il est un partenaire que je tiens par la main et qui me prend par le cou.

Pour ma part, en immobilisant l’instant, la photographie fonctionne comme un journal sauveur de la mémoire. Elle répond à la nature consciente ou inconsciente selon une dimension individuelle ou collective. 

Elle permet de raconter, de dénoncer, de rêver. De se disperser ou de se dévoiler, d’extérioriser, d’être objectif ou dramatique, être dans une surenchère affective, ou dans une retenue poétique.

Elle peut être un ennemi comme un ami en fonction de celui qui réalise et de celui qui regarde.


Votre « nature terrestre » lève un voile sur la nature animale dans son environnement. Que voulez-vous montrer ?

Chaque animal vit dans un monde propre à son espèce.

Il n’est pas doté du même langage que nous les humains, néanmoins ça ne retire rien à l’expression du sensible lorsque l’animal nous regarde.

Je guette cet instant troublant et privilégié qui semble traverser la barrière qui nous sépare tout en gardant son origine propre d’animalité.

 

Votre représentation des animaux familiers peut parfois être inquiétante. 

Est-ce volontaire ?

En redonnant à l’animal sa présence singulière dans son environnement, le caractère troublant de certaines photos vient peut-être d’un sentiment d’une étrange proximité entre nos deux conditions. 

À d’autres moments au contraire, l’être familier que nous connaissons, réintégré dans sa condition animale, devient étrange et inquiétant.


Interview complète d'Édith Landau pour le magazine Corridor Elephant à retrouver pages 16 à 25 

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                      Son HUBLOT du 18.10.2024
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